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From: Presse FSU <presse@fsu.fr>
To: cdfn <cdfn@listes.fsu.fr>, SD FSU <sd@listes.fsu.fr>
Message-ID: <434af522-fd20-e823-1ad3-6c8c105063ff@fsu.fr>
Date: Mon, 18 Dec 2017 19:13:36 +0100
User-Agent: Mozilla/5.0 (Windows NT 6.1; WOW64; rv:52.0) Gecko/20100101
 Thunderbird/52.5.0
MIME-Version: 1.0
Content-Type: multipart/alternative;
 boundary="------------4F51064ADD1E8E585F398D90"
Content-Language: fr
X-Spam_score: -2.1
X-Spam_score_int: -20
X-Spam_bar: --
X-Spam_report: ------------------ DXbut de Rapport SpamAssassin ---------------------
 Ce message est probablement du SPAM (message non sollicitX envoyX en
 masse, publicitX, escroquerie...).
 
 Cette notice a XtX ajoutXe par le systXme d'analyse "SpamAssassin" sur
 votre serveur de courrier "marty.fsu.fr", pour vous
 aider X identifier ce type de messages.
 
 Le systXme SpamAssassin ajoute un en-tXte "X-Spam-Flag: YES" aux
 messages qu'il considXre comme Xtant probablement du Spam.
 Vous pouvez si vous le souhaitez utiliser cette caractXristique
 pour rXgler un filtre dans votre logiciel de lecture de courrier,
 afin de dXtruire ou de classer X part ce type de message.
 
 Si ce robot a classifiX incorrectement un message qui vous Xtait
 destinX, ou pour toute question, veuillez contacter l'administrateur
 du systXme par e-mail X the administrator of that system .
 
 Voir http://spamassassin.apache.org/tag/ pour plus de dXtails (en anglais).
 
 DXtails de l'analyse du message:   (-2.1 points, 6.5 requis)
  0.0 URIBL_BLOCKED          ADMINISTRATOR NOTICE: The query to URIBL was blocked.
                             See
                             http://wiki.apache.org/spamassassin/DnsBlocklists#dnsbl-block
                              for more information.
                             [URIs: lesechos.fr]
 -1.0 ALL_TRUSTED            Passed through trusted hosts only via SMTP
  0.8 DKIM_ADSP_ALL          No valid author signature, domain signs all mail
 -1.9 BAYES_00               BODY: L'algorithme BayXsien a XvaluX la probabilitX de spam
                             entre 0 et 1%
                             [score: 0.0000]
  0.0 HTML_MESSAGE           BODY: HTML inclus dans le message
  0.0 DC_PNG_UNO_LARGO       Message contains a single large png image
 
 -------------------- Fin de Rapport SpamAssassin ---------------------
Reply-To: Presse FSU <presse@fsu.fr>
X-Loop: cdfn@listes.fsu.fr
X-Sequence: 1909
Errors-to: cdfn-owner@listes.fsu.fr
Precedence: list
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X-Spam-Checker-Version: SpamAssassin 3.4.0 (2014-02-07) on marty.fsu.fr
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X-Spam-Status: No, score=-2.1 required=6.5 tests=ALL_TRUSTED,BAYES_00,
	DC_PNG_UNO_LARGO,DKIM_ADSP_ALL,HTML_MESSAGE,URIBL_BLOCKED shortcircuit=no
	autolearn=no autolearn_force=no version=3.4.0
Subject: [CDFN] =?UTF-8?Q?Macron_communique=3A_interview_debout=2C_journal?=
 =?UTF-8?Q?isme_couch=C3=A9_-_Page_1_=7C_Mediapart?=
X-SA-Exim-Version: 4.2.1 (built Mon, 26 Dec 2011 16:24:06 +0000)
X-SA-Exim-Scanned: Yes (on marty.fsu.fr)
X-FEAS-DKIM: Valid
X-Proofpoint-Virus-Version: vendor=nai engine=5900 definitions=8749 signatures=668649
X-Proofpoint-Spam-Details: rule=notspam policy=default score=0 suspectscore=6 malwarescore=0
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 engine=8.0.1-1711220000 definitions=main-1712180241

This is a multi-part message in MIME format.
--------------4F51064ADD1E8E585F398D90
Content-Type: text/plain; charset=utf-8; format=flowed
Content-Transfer-Encoding: 8bit

https://www.mediapart.fr/journal/france/181217/macron-communique-interview-debout-journalisme-couche 



  Macron communique: interview debout, journalisme couché

18 décembre 2017 Par Hubert Huertas 
<https://www.mediapart.fr/biographie/hubert-huertas>

Tout ce qui est rare n'est pas précieux. La preuve, l’interview 
d’Emmanuel Macron accordée dimanche soir à France 2. C'était son 
deuxième entretien télé en sept mois. On attendait de la densité, on eut 
des amabilités, et deux marcheurs qui marchaient pour enfoncer quelques 
portes ouvertes mais ornées de dorures. Michel Droit-de Gaulle, c’était 
en noir et blanc ; Laurent Delahousse-Macron, c'est en couleurs. Mais le 
naufrage du journalisme est le même.

Bien sûr Delahousse est Delahousse, donc le contraire d’un puncheur. 
Avec lui, les entretiens tiennent davantage des confidences sur canapé 
de velours que du questionnement à la toile abrasive. Mais Emmanuel 
Macron est président de la République. Il n’était donc pas insensé 
d’espérer quelques annonces, ou quelques explications, les sujets ne 
manquent pas. Rien de cela.

À la place de l’échange attendu, on eut un soliloque marqué par une 
innovation : pour la première fois depuis le début de la Cinquième 
République, et l’irruption de la télévision dans la vie quotidienne des 
Français, le président n’était pas assis. Il parlait en marchant à 
travers les salons, les bureaux, et les couloirs du palais de l’Élysée, 
et s’il enfonçait quelques portes ouvertes au passage, elles avaient 
l’avantage d’être ornées de dorures.

Emmanuel Macron ne foulait pas seulement les tapis de sa demeure de 
fonction, il paraissait sur un nuage en cette fin d’année 2017. Depuis 
un an, il déjoue tous les pronostics et donne le tournis à ses 
opposants, qui ne savent plus par quel bout le saisir.

Il a franchi sans encombre une rentrée qu’on lui prédisait 
apocalyptique, après avoir fait voter une réforme du code du travail qui 
aurait fait sauter tous les gouvernements depuis trente ans. Et après 
avoir concurrencé ses deux prédécesseurs sur le plan de l’impopularité, 
il voit sa cote se redresser dans l’opinion tandis que son premier 
ministre, avec ses airs de panthère rose, finit par imposer une patte 
dont on le pensait dépourvu.

Comment s’explique ce regain, qui n’est peut-être qu’un répit ? Macron a 
sa petite idée. Une idée qui lui fait plaisir et qu’il déguste avec la 
même formule, reprise deux fois, comme une douceur : /«///J’ai fait ce 
que j’ai dit que/ je ferais. » /Il le dit et le répète. Il en fait même 
une théorie : /« S’il y a une crise de la démocratie, c’est une crise de 
l’efficacité. »/

C’est ce passage de la parole aux actes qu’il a voulu illustrer dimanche 
soir, en se présentant comme un homme radicalement neuf, /« sans 
alliés »/, et dont les adversaires seraient sans consistance. Une espèce 
de miracle. L’effet d’une nouveauté qui serait son carburant sur le plan 
intérieur et le plan international : /« //En décidant au mois de mai 
dernier d'élire un président de 39 ans qui n'avait aucun parti, que 
personne ne connaissait et qui sortait de nulle part, ce qui est le 
choix que notre pays a fait, ils ont fait quelque chose qu'aucun autre 
pays n'a fait. //»/

Delahousse n’a pas fait remarquer que ce parfait inconnu avait seulement 
été ministre de l’économie, comme Valéry Giscard d’Estaing en des temps 
éloignés, et que le /« nulle part »/ qu’il se plaisait à évoquer est 
d’abord celui de l’ENA, puis de la banque Rothschild, et enfin de 
l’Élysée qu’il a retrouvé en passant du poste de secrétaire général 
adjoint de François Hollande à la fonction de président. Mais faut-il 
reprocher à Delahousse de faire du Delahousse ? Il n’est pas un oursin, 
plutôt un gros chat qui ronronne.

Côté ronron, on eut donc la stéréo, comme au bon vieux temps des 
trente-trois tours.

Sur la Syrie, le président de la République a rappelé sa position, en la 
précisant un peu : /« La priorité, c’est l’extermination de Daech avant 
Bachar. On vient de gagner la guerre en Irak avec la coalition, je pense 
que d’ici à la mi-février on aura gagné la guerre en Syrie. Bachar 
al-Assad sera là. »/Un Bachar qui aurait ensuite à /« répondre de ses 
crimes devant son peuple et la justice internationale »./

À propos de Donald Trump qu’il a reçu en grande pompe, en espérant le 
faire changer d’avis après sa sortie de l’Accord de Paris sur le climat, 
il n’émet aucun regret. Il comprend même un président qui /« respecte 
ses engagements devant ses électeurs »/. Il espère simplement le doubler 
en invitant les grands patrons américains, les grandes villes ou les 
chercheurs à le rejoindre.

Après avoir espéré influencer la décision du président américain, le 
président français, qui se présente comme un leader mondial de la lutte 
contre le réchauffement climatique, estime aujourd’hui que cette 
décision /« regrettable »/n’a finalement pas une importance 
irrémédiable. Son idée, c’est de pratiquer /« le judo »/. Utiliser les 
forces contraires pour les tourner à son avantage.

C’est ainsi qu’il entend /« verdir la finance »/, c’est-à-dire convertir 
des forces qui calculent leur rentabilité au millième de seconde à des 
investissements qui ne produiront leurs effets que dans vingt ou trente 
ans. /«/ /Vaste programme »/, comme disait Charles de Gaulle.

Au sortir de la conférence de Paris (l’entretien a été enregistré mardi 
12 décembre), Emmanuel Macron a longuement évoqué l’impératif 
écologique. Avec des annonces, ou plutôt des confirmations, qui 
n’enchantent guère les écologistes.

Il fermera certes /« les centrales »/, mais /« les centrales 
thermiques »/. Quant aux centrales nucléaires, il se montre extrêmement 
prudent, confirmant au passage que la réduction du parc à 50 % de la 
production énergétique est repoussée /sine die/. Il attendra sagement 
l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire, dans dix-huit mois, avant de 
décider centrale par centrale du maintien, de la rénovation ou de la 
fermeture. À plusieurs reprises, Emmanuel Macron a souligné que 
l’énergie nucléaire n’était /« pas carbonée »/…

Dans sa déambulation, à moins que ce ne fût une lévitation, le président 
de la République a enfin abordé la question de l’audiovisuel public. Des 
informations plus ou moins démenties, et plus ou moins confirmées, ont 
rapporté qu’il se serait emporté en qualifiant ce secteur de /« honte de 
la République »/.

Soucieux de désamorcer le fâcheux effet de cette phrase sur les salariés 
travaillant dans les radios et les télévisions publiques, il a arrondi 
les angles tout en confirmant sa volonté d’ouvrir un chantier. Pour lui, 
ces dizaines de radios et ces chaînes de télévision n’ont pas saisi que 
les temps avaient changé : /« Notre audiovisuel public reste structuré 
dans son architecture sur le monde d’avant. »/

Et comment se traduirait une mise à jour conforme au XXI^e siècle ? Par 
la /« mutualisation »/. Cette idée-là, synonyme de concentration et de 
disparition des chaînes, les personnels des cinquante radios de Radio 
France et des chaînes comme France 2, France 3 ou France 5 l’entendent 
depuis quinze ans. Ce qu’ils redoutent, et que l’Élysée ne dément pas, 
c’est que le nouveau logiciel imaginé par Emmanuel Macron, au nom du 
nouveau monde, ne renvoie finalement à l’ORTF chère au président 
Pompidou et à sa /« voix de la France »/.

Au bilan de ces quarante minutes, le président de la République a donc 
théorisé les raisons de sa victoire de mai dernier, et de son regain 
dans l’opinion : il /« fait ce qu’il a dit qu’il ferait »/. Sauf qu’il a 
très peu parlé du chômage, qui était au cœur de son programme, 
promettant simplement les effets de ses réformes d’ici à deux années. Et 
qu’il s’est longuement attardé sur deux sujets dont il n’avait rien dit, 
ou presque : l’écologie, en revenant sur l’agenda 2025, et la réforme de 
l’audiovisuel public, qui sera engagée au début de l’année prochaine.

Pour l’essentiel, et contrairement à son credo, il a donc promis de 
faire ce qu’il n’avait jamais dit qu’il ferait !

Si la forme de l’entretien d’hier est une préfiguration de la télévision 
publique telle qu’il la rêve, son tête-à-tête avec un confident nous 
projette dans un retour vers le futur.

Depuis la très célèbre interview du général de Gaulle par Michel Droit, 
entre deux tours de la première présidentielle de 1965, on n'avait 
jamais atteint un tel taux de proximité. Mais n’exagérons rien, et ne 
sombrons pas dans la caricature : Michel Droit, c’était en noir et 
blanc, alors que Delahousse c’est de la caresse en couleurs.




https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/0301035827293-macron-fait-son-premier-bilan-detape-2139076.php


  Macron fait son premier bilan d'étape

Gregoire Poussielgue 
<https://www.lesechos.fr/journalistes/index.php?id=212> Le 17/12 à 
21:54Mis à jour à 22:11


    Invité dimanche soir sur France 2, le chef de l'Etat a largement
    évoqué la question climatique mais aussi les réformes qu'il entend
    mener.

Sur la forme, l'innovation était indéniable. C'est en déambulant dans 
les salons de l'Elysée, de son bureau au vestibule du premier étage pour 
finir dans le hall d'entrée du palais présidentiel, qu'Emmanuel Macron a 
répondu dimanche soir aux questions de Laurent Delahousse sur France 2 
pour une nouvelle interview, la première depuis deux mois.

Long de 40 minutes exactement, l'entretien avait été enregistré le 12 
décembre, au soir du One Planet Summit 
<https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/0301018633876-quels-engagements-retenir-du-one-planet-summit-2138146.php> 
, le sommet sur le climat organisé le jour même à Paris par la France 
pour répondre au retrait américain de l'accord de Paris. Les questions 
liées au climat et à l'environnement ont donc occupé une large place au 
cours de l'entretien. /«Je ne suis pas un activiste du climat depuis des 
décennies »/, a concédé Emmanuel Macron, qui n'en  veut pas moins 
occuper le leadership mondial sur la question climatique après le 
retrait américain. /«On peut avoir un dynamise économique et une 
exigence climatique »/, a ajouté celui qui a concédé que /« la France 
est en retard dans l'énergie renouvelable »/.

Les autres grands sujets internationaux ont occupé l'interview, comme la 
relation avec  l'Afrique ou la guerre civile en Syrie. Moins d'un mois 
après son discours fondateur de Ouagadougou 
<https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/030949690224-au-burkina-faso-macron-a-alterne-eloges-et-provocations-2134009.php> 
, Emmanuel Macron a de nouveau plaidé pour une /«nouvelle relation »/ 
avec l'Afrique. /«Travailler pour une nouvelle relation avec l'Afrique 
est indispensable pour éviter une nouvelle imigration subie »/, a-t-il 
déclaré.

Sur la question syrienne, il a indiqué que la guerre contre l'Etat 
islamique serait achevée mi ou fin février, et qu'il faudrait après 
/«construire une paix durable »/.


      «Je fais ce que j'ai dit »

L'entretien lui a aussi permis de faire un premier bilan et d'évoquer sa 
pratique du pouvoir. /« Je fais ce que j'ai dit. Ca étonne peut-être, ça 
en contrarie d'autres, ça fait peut-être longtemps que ce n'était pas 
arrivé »/, a-t-il lancé.

Il est aussi revenu sur la réforme du droit du travail 
<https://www.lesechos.fr/economie-france/dossiers/030416148716/030416148716-la-reforme-du-code-du-travail-2098263.php> 
, projet phare de son programme et qui a lancé son quinquennat. /« J'ai 
fait tout de suite la réforme la plus importante qui avait été évitée en 
France depuis 20 ans »/, a déclaré Emmanuel Macron. /« Il faut impulser 
les choses dés le début du mandat pour ensuite avoir les résultats »/, 
a-t-il enchaîné.

/« J'espère les avoir assez expliquées, je les réexpliquerais si elles 
n'étaient pas claires, et s'il y a des erreurs qui ont été faites, je 
les corrigerai »/, a ajouté le locataire à propos des réformes qu'il a 
engagées 
<https://www.lesechos.fr/economie-france/dossiers/030373337991/030373337991-macron-six-reformes-sociales-en-18-mois-2092790.php> 
et celles qu'il souhaite mettre en oeuvre. Il a confirmé que la réforme 
de l'assurance chômage, de l'apprentissage et de la formation 
professionnelle sera votée au printemps prochain. Prudent, Emmanuel 
Macron n'a donné aucun objectif chiffré quant à la baisse du chômage Il 
se donne deux ans pour voir les premiers résultats.

Si la réforme du code du travail a eu du mal à passer auprès de 
l'opinion, elle semble aujourd'hui digérée. Emmanuel Macron finit en 
effet l'année en forme dans les sondages. La dernière étude IFOP pour 
le «JDD » parue dimanche le crédite de 52% d'opinions favorables, en 
progression de 6 points. Il se situe à l'inverse des courbes de Nicolas 
Sarkozy et de François Hollande qui, à la même époque de leur mandat, 
avaient déjà entamé leur chute dans l'opinion.


      «ça ne fera pas manger les Français »

Emmanuel Macron a peu évoqué la politique intérieure. Répondant à une 
question sur Laurent Wauquiez, le nouveau patron des Républicains qui 
avait estimé fin octobre qu'Emmanuel Macron était «le désert de l'âme », 
l'intéressé n'a pu s'empêcher de le tacler.

'Ca n'apporte rien au pays, ça dit la haine qu'il a pour votre 
serviteur. Je la lui laisse, qu'il vive avec, ça fera son quotidien. Ca 
ne fera pas manger les Françaises et les Français, ça ne fera pas 
progresser le pays', a estimé le fondateur d'En Marche.

'Les gens qui s'opposent pour ou insulter ou décréter n'ont aucun 
intérêt. C'est le commentaire politique, mais ça n'intéresse pas le 
président de la République', a-t-il conclu.

Grégoire Poussielgue
@Poussielgue <https://twitter.com/Poussielgue>

En savoir plus sur 
https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/0301035827293-macron-fait-son-premier-bilan-detape-2139076.php#zJsU6qzvoKoSR6xi.99




http://www.liberation.fr/politiques/2017/12/18/macron-sur-france-2-le-leadership-mis-en-scene_1617386


  Macron sur France 2 : le leadership mis en scène

Par Alain Auffray <http://www.liberation.fr/auteur/1869-alain-auffray> — 
18 décembre 2017 à 10:12


    Au long d'une déambulation filmée dans le palais de l'Elysée, le
    chef de l'Etat s'est expliqué dimanche soir sur son ambition de
    renouer avec «le destin français», qui vise l'universel.

Répondant à une dernière question de Laurent Delahousse, Emmanuel Macron 
a regretté que l’audiovisuel public n’ait pas su s’adapter au 
changement. Il faudra, a-t-il ajouté, le réformer en profondeur afin 
qu’il /«réponde à ses missions de service public»/, en se préoccupant 
notamment de la formation citoyenne de la jeunesse. Le chef de l’Etat 
voulait-il donner l’exemple en réservant à France 2 sa deuxième 
interview télévisée ? C’est en tout cas ce qu’ont cru voir plusieurs de 
ses soutiens, députés de la majorité LREM, qui ont salué dimanche soir 
les vertus pédagogiques de cette émission, selon eux, /«exemplaire»./

Il est vrai que l’entretien diffusé dimanche mais enregistré mardi dans 
le palais de l’Elysée avait visiblement la prétention de renouveler le 
genre. Pendant près de quarante minutes, on a vu Macron et Delahousse 
converser en déambulant dans le palais de l’Elysée. Plus proche du 
/Secrets d’histoire/ à la manière de Stéphane Bern que de la classique 
interview politique, l’exercice a été abondamment raillé sur les réseaux 
sociaux. Plus qu’à de véritables questions, c’est parfois à de vrais 
compliments que Macron avait à répondre. La promenade a commencé au 
premier étage, dans le bureau présidentiel où le chef de l’Etat confie 
qu’il travaille dur et dort très peu. Il travaille tant, d’ailleurs, 
qu’il n’a pas le temps de s’asseoir. Lentement, les deux hommes sont 
filmés, dans des plans élégants et sophistiqués, traversant plusieurs 
pièces, descendant l’escalier d’honneur pour finir leur conversation 
dans le vestibule. Le Président accompagnant poliment son visiteur 
jusqu’à la sortie : ainsi pourrait se résumer la mise en scène de cette 
émission-événement, annoncée tambour battant, tout le week-end, par la 
chaîne publique.

Le chef de l’Etat s’est longuement justifié sur le «leadership» qu’il 
entend exercer en Europe comme sur le front de la guerre aux jihadistes 
ou sur celui du combat pour la planète. /«Le leadership européen et 
international, je le tiens de mon peuple»,/ a-t-il expliqué, ajoutant 
que cela résultait de son élection : en choisissant d’élire au mois de 
mai /«un président de 39 ans […] qui sortait de nulle part, la France a 
stupéfié le monde»/. Dès lors, il se trouvait dans l’obligation 
/«d’aller fort et vite, y compris en Europe et à l’international»/. 
Prendre le leadership, c’était /«retrouver ce qu’est le destin 
français»/. Macron entend renouer avec /«ces grandes époques»/ où la 
France a contribué à /«tirer le monde vers son avenir»/, portant 
/«l’universel»/ grâce à de /«grandes conquêtes civilisationnelles»/. 
/«C‘est votre héroïsme ?»/ /«Oui, je l’assume totalement»,/ a répondu le 
Président, nullement embarrassé par cette encombrante question.


      Environnement

Enregistrée le soir du 12 décembre, alors que venaient de se réunir à 
Paris une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement pour le One 
Planet Summit, la conversation a porté pour l’essentiel sur la bataille 
pour le climat. Une façon de corriger la première interview télévisée : 
le 15 octobre, sur TF1, le chef de l’Etat n’avait pas eu un mot sur 
l’environnement. Empêtré dans son image de président des riches, en 
berne dans les sondages, il était alors trop occupé à dire son 
/«respect»/, sa /«considération»/ à ceux qui avaient pu être blessés par 
ses propos sur le /«bordel»/ ou /«les fainéants»/. Rien de tel ce 
dimanche, alors que tous les sondages enregistrent un exceptionnel 
rebond de la popularité du chef de l’Etat.

Reconnaissant qu’il était loin d’être un /«activiste du climat depuis 
des décennies»/, il a assuré avoir/«changé de point de vue sur beaucoup 
de sujets structurants»/. Il croit désormais à la possibilité de 
/«concilier dynamisme économique et exigence climatique»/. Il 
veut/«accélérer massivement»/ la transition écologique et faire de la 
France /«le leader de la révolution numérique, environnementale et de la 
finance»/.

Dans cette entreprise, il affirme avoir plus que jamais besoin de 
Nicolas Hulot à qui il reconnaît cette qualité rare : il est de ces gens 
/«qui vivent dans le creux de leur ventre la nécessité de changer, de 
prendre les décisions, d’aller les expliquer et de faire»/. De son 
ombrageux ministre de l’Ecologie, le chef de l’Etat n’est pas loin de 
faire un modèle. /«Il est inquiet, il n’est jamais satisfait […], c’est 
pourquoi je l’ai choisi»/, a-t-il assuré. Toujours en marche devant les 
caméras de France 2, Macron n’a que faire, dans son gouvernement,/«des 
gens qui sont assis et contents d’être ministres»/. Dans l’équipe 
d’Edouard Philippe, certains auront pu y voir une sorte de mise en garde.


      Mépris

Dans la posture du leader énergique mais bienveillant, Macron a assuré 
qu’il ne négligeait pas ses adversaires politiques. Ils ont aussi leur 
utilité :/«Il faut des oppositions»,/ a-t-il répondu, assurant être 
/«toujours»/ à leur écoute, notamment quand on lui reproche de ne pas en 
/«faire assez»/ pour les plus défavorisés. Il s’est dit en revanche 
beaucoup moins sensible à ces adversaires de droite et d’extrême droite, 
/«tous ceux qui pensent que notre pays est condamné à se replier sur 
lui-même»/.

Alors que Laurent Delahousse lui rappelait que Laurent Wauquiez l’accuse 
d’avoir /«la haine de la province»/, le chef de l’Etat a estimé que 
cette affirmation ne disait rien, si ce n’est /«la haine»/ que lui porte 
le patron de LR. /«Qu’il vive avec, ça fera son quotidien. Ça ne fera 
pas manger les Françaises et les Français, ça ne fera pas progresser le 
pays»/, a-t-il ajouté, laissant voir son mépris pour le personnage. 
/«Les gens qui s’opposent pour insulter n’ont aucun intérêt. C’est le 
commentaire politique, mais ça n’intéresse pas le président de la 
République»,/ a conclu le locataire de l’Elysée, devant le portail vitré 
où il devait prendre congé de son aimable visiteur.

Alain Auffray <http://www.liberation.fr/auteur/1869-alain-auffray>




http://www.liberation.fr/france/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-intervention-d-emmanuel-macron-sur-france-2_1617343


  Ce qu'il faut retenir de l'intervention d'Emmanuel Macron sur France 2

Par LIBERATION, avec AFP 
<http://www.liberation.fr/auteur/13090-liberation> — 17 décembre 2017 à 
21:39 (mis à jour à 21:59)


    Le président de la République s'exprimait face à Laurent Delahousse
    dimanche soir après sept mois de mandat. «Libération» vous résume
    l'intervention du chef de l'Etat en cinq points.

Ils sont tous les deux debout. D’abord dans le bureau présidentiel. 
Puis, ils se mettent à marcher dans le Palais de l’Elysée, tout en 
discutant. Le président de la République Emmanuel Macron était sur 
France 2 dimanche soir face à Laurent Delahousse pendant 40 minutes, 
pour faire, principalement, le service après vente de son sommet contre 
le réchauffement climatique de mardi dernier. /Libération/ répertorie 
les cinq points à retenir de cet /Entretien spécial/.


      «Je pense que d’ici fin février, nous aurons gagné la guerre en
      Syrie»

/«Le 9 décembre, le Premier ministre irakien (Haider al-Abadi) a annoncé 
la victoire face à Daech (acronyme arabe de l’EI, ndlr) et je pense que, 
d’ici mi, fin février, nous aurons gagné la guerre en Syrie»/, a déclaré 
le président de la République. /«Il faudra parler»/ au président syrien 
Bachar al-Assad, a-t-il averti/,/ soulignant que cela n’empêchera pas le 
dirigeant syrien, accusé de nombreuses exactions, de /«répondre de ses 
crimes devant son peuple, devant la justice internationale»./

/«Dans le processus que la France souhaite voire émerger en début 
d’année prochaine, il y aura des représentants de Bachar mais je 
souhaite aussi et surtout qu’il y ait des représentants de toutes les 
oppositions, y compris de ceux qui ont quitté la Syrie pour leur 
sécurité à cause de Bachar et non de Daech»/, a ajouté Emmanuel Macron.


      «Mettre la finance au chevet du climat»

S'exprimant sur la transition écologique, qu'il veut /«accélerer 
massivement»,/ Emmanuel Macron a déclaré vouloir /«que la France 
devienne le leader de la révolution numérique, environnementale et de la 
finance»/. Le président de la République s'est par ailleurs engagé à 
fermer /«toutes les centrales thermiques et à charbon qui existent en 
France pendant le quinquennat»/, sans envisager une sortie du nucléaire 
:/«le nucléaire, ce n’est pas mauvais pour les émissions de CO2, c’est 
la manière la plus décarbonée de produire de l’électricité. /Si on ferme 
une centrale «/ce n’est pas vrai de dire que que je peux la remplacer 
par le renouvelable...»/, a ajouté le chef de l’Etat qui a dit s’en 
remettre à l’autorité de sureté.


      Hulot, «c’est un inquiet, c’est pourquoi je l’ai choisi»

/«J’ai besoin de gens qui vivent dans le creux de leur ventre la 
nécessité de changer, de prendre les décisions, d’aller les expliquer et 
de faire. Je ne veux pas des gens qui soient assis et contents d’être 
ministre (...). Lui, il agit, il est inquiet, et il n’est jamais 
satisfait»/, a indiqué le président, en parlant de son ministre de 
l'écologie. Emmanuel Macron a assuré que Nicolas Hulot n’était 
/«jamais»/ venu le voir pour lui faire part de son désir de quitter le 
gouvernement.


      Des résultats sur le chômage «dans cinq ans»

Macron a par ailleurs déclaré que les ordonnances réformant le code du 
travail donneront des résultats sur le chômage /«dans les cinq ans»/. 
/«Sur le sujet du chômage, j’ai pris mes responsabilités. J’ai fait tout 
de suite la réforme la plus importante qui avait été évitée en France 
depuis 20 ans»/, a assuré le président de la République. /«Les décisions 
que nous avons prises en début de quinquennat n’ont pas d’impact 
immédiat/, a-t-il ajouté. /Cette réforme produira des résultats, c’est 
sûr. Dans les cinq ans. Mais après, je dis, il faut attendre deux ans 
pour qu’elle commence à avoir ses pleins effets, mais je ne suis pas là 
pour faire des pronostics, je suis là pour agir»./


      Une grande réflexion sur l'audiovisuel public début 2018

Emmanuel Macron a annoncé un travail de réflexion en début d'année 2018 
avec les parlementaires et les acteurs de l'audiovisuel public. 
/«Comment mieux mutualiser la radio, la télévision, le digital ?, /a 
déclaré le chef de l'Etat./Est-ce que le dispositif est le plus adapté 
pour former les jeunes, éveiller leur consciences ? Pas totalement. 
(...) Il y a beaucoup d’argent sur l’audiovisuel public, c’est le 
premier budget de la culture. Est-ce que l’argent est mis au bon endroit ?»/

LIBERATION avec AFP <http://www.liberation.fr/auteur/13090-liberation>





http://abonnes.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/18/sur-france-2-emmanuel-macron-se-livre-a-un-exercice-de-communication-en-marchant_5231353_5008430.html


  Macron s’est livré à un exercice de communication en marchant

Diffusé sur France 2, l’entretien enregistré entre le président de la 
République et le journaliste Laurent Delahousse contenait peu de 
surprises sur le fond.

LE MONDE | 18.12.2017 à 12h00 • Mis à jour le 18.12.2017 à 17h10 | Par 
Bastien Bonnefous 
<http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/bastien-bonnefous/> et Solenn de 
Royer <http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/solenn-de-royer/>

Et Emmanuel Macron inventa l’interview… en marchant ! On se souvient de 
François Mitterrand parlant /« chébran »/ face à Yves Mourousi les 
fesses posées sur un coin de table, dans l’émission « Ça nous intéresse, 
Monsieur le président ». C’était en avril 1985, sur TF1. Trente-deux ans 
plus tard, dimanche 17 décembre sur France 2, Emmanuel Macron a répondu 
debout aux questions de Laurent Delahousse, en déambulant lentement dans 
le palais de l’Elysée.

Quarante minutes d’entretien, enregistré mardi 12 décembre dans la 
soirée, durant lesquelles le chef de l’Etat, qui avait promis qu’il ne 
montrerait pas les coulisses (les /« cuisines »/) de son pouvoir, est 
passé du salon doré – son bureau d’apparat au premier étage – au salon 
vert, puis a descendu les marches de l’escalier d’honneur pour quitter 
son hôte dans le hall, sous les lumières bleutées du sapin de Noël 
installé dans la cour de l’Elysée.

Une opération léchée de communication présidentielle et télévisuelle au 
cours de laquelle M. Macron, se posant comme un président déterminé et 
protecteur mais aussi pédagogue, a survolé des dossiers de fond, du 
climat à l’emploi, en passant par les relations franco-américaines ou la 
Syrie. Il a notamment affirmé que la guerre contre l’organisation Etat 
islamique (EI) serait /« gagnée d’ici mi, fin février »./ Après la 
victoire annoncée contre l’EI, /« Bachar /[le président syrien] /sera 
là, il faudra parler avec lui et ses représentants », /a précisé M. 
Macron qui estime en même temps qu’Assad /« devra répondre de ses crimes 
devant son peuple, devant la justice internationale »/.


    Monarque républicain

Pêle-mêle, le président a répété qu’il faudra /« compter deux ans » 
/avant d’enregistrer les premiers effets de sa politique pour l’emploi, 
tout en se félicitant d’avoir /« fait la réforme la plus importante que 
la France a évitée depuis vingt ans » /à propos des ordonnances 
modifiant le code du travail. Seule véritable annonce de l’entretien, M. 
Macron souhaite le lancement, /« au début de l’année prochaine »,/ d’une 
/« grande réflexion sur l’audiovisuel public »/, alors que France 
Télévisions traverse une crise majeure, après le vote d’une motion de 
défiance de sa rédaction contre sa présidente Delphine Ernotte.

Sur le plan plus politique, le chef de l’Etat a vanté les mérites et le 
/« tempérament »/ de son ministre de la transition écologique, Nicolas 
Hulot : /« Je ne veux pas des gens qui soient assis et contents d’être 
ministres. Je veux des gens qui agissent. Lui, il agit, il est inquiet, 
il n’est jamais satisfait. » /Il a par ailleurs balayé d’une formule les 
attaques à son encontre du nouveau président du parti Les Républicains, 
Laurent Wauquiez : /« La haine qu’il a pour votre serviteur, je la lui 
laisse, ça ne fait pas manger les Français. »/

M. Macron a évoqué aussi des sujets plus personnels, sept mois après son 
élection qui a /« stupéfait le monde »/, selon lui. On notera au passage 
que le chef de l’Etat a confirmé /« dormir peu », /qu’il a le temps de 
répondre aux SMS la nuit, qu’il assume /« une part solitaire dans 
l’exercice du pouvoir »,/ qu’il /« li/[t]/tout »/ ce qui s’écrit sur lui 
et son gouvernement mais /« commente peu », /et qu’il tient ses 
promesses. Pierres subliminales posées dans le jardin de son 
prédécesseur François Hollande, jamais nommé :/« Je fais ce que j’ai 
dit, ça faisait peut-être longtemps que ça n’était pas arrivé »/, a 
déclaré M. Macron qui a vanté son propre /« leadership »/.


    Rompre avec les usages

Le chef de l’Etat a raconté aussi qu’il avait /« deux bureaux » – /un 
rangé, un en désordre – et qu’il avait retiré les portraits de ses 
prédécesseurs, des /« présidents morts »,/ qui décoraient l’antichambre 
du premier étage du palais. Après leur restauration, celles-ci seront 
remisées dans une pièce à part de l’Elysée. /« Je souhaite que les 
Français prennent un peu de temps en famille/ [à Noël] /»,/ a-t-il conclu.

Fidèle à sa volonté de rompre avec les usages de « l’ancien monde », M. 
Macron s’est ainsi prêté à un exercice télévisuel original, mêlant à la 
fois tradition et nouveauté. D’un côté, le président moderne, qui marche 
en son palais ; de l’autre, le monarque républicain qui, pour /« 
/[son]/peuple » /et «//[son]/pays »/, veut /« retrouver le destin 
français »./ Un jour, un destin, en somme.

En savoir plus sur 
http://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/18/sur-france-2-emmanuel-macron-se-livre-a-un-exercice-de-communication-en-marchant_5231353_5008430.html#XVcdZFzYeRzULQ02.99




http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/12/18/nddl-vitesse-immigration-emmanuel-macron-prepare-la-rentree_5231161_823448.html


  NDDL, vitesse, immigration : Emmanuel Macron prépare la rentrée

Le gouvernement se réunira début janvier en séminaire pour fixer les 
priorités des trois mois à venir. L’exécutif, qui remonte dans les 
sondages, compte maintenir le rythme des réformes.

LE MONDE | 18.12.2017 à 06h36 • Mis à jour le 18.12.2017 à 11h40 | Par 
Solenn de Royer <http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/solenn-de-royer/> 
et Bastien Bonnefous 
<http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/bastien-bonnefous/>

<http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/12/18/nddl-vitesse-immigration-emmanuel-macron-prepare-la-rentree_5231161_823448.html#liste_reactions> 


Préparer la suite. Après la diffusion d’un entretien sur France 2, 
dimanche soir 17 décembre, et avant de partir, vendredi, au Niger à la 
rencontre des troupes françaises de l’opération « Barkhane », Emmanuel 
Macron – qui aura 40 ans jeudi et vient de fêter Noël en famille à 
proximité du château de Chambord – a prévu de passer les prochains jours 
à l’Elysée avec sa garde rapprochée pour préparer les vœux et la rentrée 
de janvier. Il doit enchaîner les réunions avec conseillers et 
ministres, et profiter de ces quatre jours sédentaires pour visiter une 
poignée de services de l’Elysée, que son épouse Brigitte Macron a déjà 
tous salués.

Fidèle à cette tradition de la V^e  République, M. Macron s’adressera le 
31 décembre aux Français. Comme ses prédécesseurs en début de 
quinquennat, le président aimerait innover et surprendre mais la forme 
que prendra ce vieux rite adapté aux nouveaux codes de la « start-up 
nation » n’a pas encore été arrêtée. Il y a quelques jours, l’Elysée 
évoquait la possibilité de raccourcir la période des vœux présidentiels, 
qui occupe traditionnellement tout le premier mois de l’année.

Le chef de l’Etat envisageait de les faire tous tenir la première 
semaine de janvier, avant son départ pour la Chine, le 8. Mais ce 
scénario n’est toujours pas validé. Seule date arrêtée : les vœux à la 
presse, le 3 janvier. Une pratique jugée désuète par François Hollande, 
qui l’avait abandonnée.

    /« Macron veut réduire le nombre des vœux, regrouper et simplifier,
    sans négliger personne, /résume Christophe Castaner, délégué général
    de La République en marche. /Il faut éviter que le président passe
    un mois à faire des discours dans l’entre-soi ! »/

Soucieux de préparer son plan de bataille pour 2018, le chef de l’Etat a 
réuni, il y a quelques jours à l’Elysée, les poids lourds de la Macronie 
pour anticiper les temps forts à venir et aborder un certain nombre de 
sujets sensibles, comme le sort de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, 
qui doit être scellé en janvier.

Le premier ministre, Edouard Philippe, s’était livré fin novembre au 
même exercice /« bilan et perspectives » /(selon les mots d’un 
conseiller) en conviant à dîner le « comité de la majorité » composé des 
ténors de LRM, du MoDem et des ministres proches de l’Elysée. /« L’idée, 
c’est de continuer au même rythme effréné,/ explique un ministre. /C’est 
simple, si Macron arrête de marcher, il tombe. »/


    Alignement des planètes

Selon nos informations, le gouvernement se réunira en séminaire au cours 
de la première semaine de janvier, après le premier conseil des 
ministres de l’année, le mercredi 3. Ce séminaire, qui s’était tenu à 
Matignon en octobre, pourrait avoir lieu cette fois à l’Elysée. 
Objectif : fixer l’agenda des trois prochains mois, qui sera largement 
dominé par le deuxième volet des réformes sociales (apprentissage, 
formation professionnelle, assurance chômage) et la réforme de l’action 
publique. /« La réforme de l’Etat est une priorité absolue, ce sera un 
gros morceau de 2018 », /juge un conseiller de Matignon.

D’autres réformes sensibles sont attendues sur l’asile et l’immigration 
(pour durcir la politique d’immigration), le logement ou les entreprises 
(participation, intéressement, smic, etc). Les arbitrages sur la réforme 
de la Constitution (réduction de nombre de parlementaires, etc.) doivent 
également être rendus en début d’année. Une réunion avec les présidents 
de l’Assemblée nationale et du Sénat, François de Rugy et Gérard 
Larcher, les ministres Gérard Collomb (intérieur) et Nicole Belloubet 
(justice), se tiendra d’ailleurs sur ce sujet mercredi 20 décembre à 
l’Elysée.

« Tous les dossiers chauds qui devaient nous exploser à la figure sont 
passés sans problème »
Un proche du président

En plus de celui sur Notre-Dame-des-Landes, un autre arbitrage 
ultrasensible est attendu pour le début de l’année sur la limitation de 
vitesse à 80 km/heure sur les routes nationales. /« La rentrée va être 
très marquée par ce sujet » /de sécurité routière, anticipe-t-on à 
Matignon, où l’on sait que cette limitation est /« très 
impopulaire »/. L’épineux dossier des retraites et les sujets 
bioéthiques seront sur le métier plus tard dans l’année, voire début 2019.

En revanche, Emmanuel Macron souhaite s’emparer dès janvier du sujet de 
la laïcité. Le président, qui a axé son début de quinquennat sur les 
réformes économiques et sociales, ne veut pas se voir reprocher de 
délaisser les sujets sociétaux. L’avenir institutionnel de la 
Nouvelle-Calédonie et celui de la Corse seront deux autres dossiers de 
l’année à venir. /« On a fait six mois au pas de charge, /se félicite un 
conseiller de l’exécutif./On garde le tempo, c’est une clé du succès. 
Les Français attendent que le président applique son programme. »/

Pour l’heure, M. Macron déroule sans encombre son plan de réformes. Non 
seulement le chef de l’Etat remonte mois après mois dans les sondages 
après un décrochage brutal durant l’été, mais il ne rencontre guère 
d’opposition susceptible de le faire reculer, notamment dans la rue, où 
les défilés syndicaux n’ont pu empêcher la réforme du code du travail 
par ordonnances. Un alignement des planètes qui réjouit l’entourage 
présidentiel.

/« Comment va le Château ? Le Château se transforme, et plus vite que 
prévu ! », /s’amuse ainsi un conseiller élyséen. /« Tous les dossiers 
chauds qui devaient nous exploser à la figure sont passés sans 
problème », /renchérit un autre proche, qui résume, dans un sourire : 
/« On peut le dire, on est très bons ! »/


    « What’s next ? »

Si le rythme soutenu des réformes est assumé, il ouvre aussi une 
interrogation pour la suite./« Tout a été lancé, et ça avance très vite, 
donc il y a un vrai sujet sur la construction de la suite : “what’s 
next” ? », /note le député LRM Gabriel Attal, qui observe que cette 
interrogation commence à mobiliser les députés de la majorité. 
/« Qu’est-ce qui va se passer après ?, /appuie un haut fonctionnaire. 
/Il y a tellement de chantiers ouverts et de réformes vite exécutées que 
le gouvernement ne pourra pas se contenter de gérer jusqu’en 2022. »/

Au sommet de l’Etat, on reconnaît que le projet présidentiel cimente 
pour l’instant la majorité. /« Il faudra trouver un autre ciment pour la 
deuxième partie du quinquennat, peut-être la préparation de la 
réélection d’Emmanuel Macron », /indique un conseiller. /« On réussit à 
piloter à trois mois alors que Jean-Marc Ayrault ne pilotait pas à un 
jour, c’est déjà pas mal », /ironise un autre conseiller de l’exécutif, 
pour qui cette question de la seconde partie du quinquennat est prématurée.

En savoir plus sur 
http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/12/18/nddl-vitesse-immigration-emmanuel-macron-prepare-la-rentree_5231161_823448.html#hb0Qxze2Cz6tLyau.99




http://abonnes.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-interview-d-emmanuel-macron-sur-france-2_5231119_5008430.html


  Climat, Syrie, chômage... les principales annonces de Macron sur France 2

Le président de la République, Emmanuel Macron, a répondu aux questions 
de Laurent Delahousse dans un entretien diffusé dimanche soir.

Le Monde.fr avec AFP | 17.12.2017 à 21h06 • Mis à jour le 18.12.2017 à 
08h09

<http://abonnes.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-interview-d-emmanuel-macron-sur-france-2_5231119_5008430.html#liste_reactions> 


Diplomatie, climat, audiovisuel public… Le président de la République, 
Emmanuel Macron, a répondu aux questions de Laurent Delahousse dans un 
entretien diffusé sur France 2, dimanche 17 décembre.

Durant cette interview, enregistrée en marge du sommet dédié à la lutte 
contre le réchauffement climatique à Paris, le chef de l’Etat a 
notamment annoncé que la guerre contre l’organisation Etat islamique 
(EI) en Syrie serait /« gagnée d’ici mi, fin février »/.

  * *La guerre contre l’organisation Etat islamique en Syrie /« gagnée
    d’ici mi, fin février » /*

Interrogé sur la Syrie, M. Macron a affirmé que la guerre contre 
l’organisation djihadiste serait /« gagnée d’ici mi, fin février »/. Il 
a ensuite évoqué le cas du président syrien, Bachar Al-Assad. Pour le 
chef de l’Etat, /« la priorité c’est l’extermination de Daech /(acronyme 
arabe de l’EI)/avant Bachar Al-Assad »/. Après la victoire contre l’EI, 
/« Bachar sera là/, a-t-il poursuivi. /Il faudra parler avec lui et ses 
représentants. » /

    « Dans le processus que la France souhaite voir émerger en début
    d’année prochaine, il y aura des représentants de Bachar mais je
    souhaite aussi et surtout qu’il y ait des représentants de toutes
    les oppositions, y compris de ceux qui ont quitté la Syrie pour leur
    sécurité à cause de Bachar et non de Daech. »

Mais pour M. Macron, le président syrien /« devra répondre de ses crimes 
devant son peuple, devant la justice internationale »/.

  * *Chômage : Macron attend des résultats « dans deux ans » *

Pour le chef de l’Etat, /« les décisions que nous avons prises n’ont pas 
d’impact immédiat, il faut compter deux ans »/. /« Sur le chômage, j’ai 
pris mes responsabilités, j’ai fait la réforme la plus importante que la 
France a évitée depuis vingt ans »/, a-t-il poursuivi en évoquant la 
réforme du code du travail.

    « On fait également 10 milliards de baisses de fiscalité pour les
    entreprises et les ménages. Il faut lancer les réformes dès le début
    du mandat pour ensuite avoir des résultats. »

Il a également rappelé le lancement d’une réforme /« très importante »/ 
et /« complémentaire »/, celle de la formation professionnelle, 
l’apprentissage et l’assurance chômage, qui conduira à des textes 
/« votés au printemps »/ et /« donc une application à l’été-automne 2018 »/.

  *

    *Macron n’est « pas un activiste du climat depuis des décennies »*

M. Macron l’a reconnu dimanche soir, il n’est /« pas un activiste du 
climat depuis des décennies »/. /« Il y a des gens qui m’ont convaincu, 
le glyphosate par exemple. J’ai lu, j’ai écouté, j’ai appris/, a-t-il 
expliqué. /Je suis convaincu qu’on peut avoir un dynamisme économique et 
une exigence écologique. » /

M. Macron a ensuite rappelé qu’il souhaite /« fermer durant ce 
quinquennat toutes les centrales thermiques et à charbon »/. Le chef de 
l’Etat a enfin défendu l’énergie nucléaire.

    « Ce n’est pas mauvais pour les émissions de CO2, c’est même la
    meilleure manière décarbonée de faire de l’électricité, mais ça fait
    peur. Il faut choisir ses batailles, ma priorité c’est les émissions
    de CO2. Si je ferme demain une centrale nucléaire en plus, ce n’est
    pas vrai que je peux la remplacer par du renouvelable. »

  * *Pour Macron, Nicolas Hulot /« a son tempérament »/ mais /« apprend »/*

Durant cette interview, le président de la République a évoqué le cas de 
son ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, 
qui a été malmené dans certains dossiers (le traité de libre-échange 
entre l’Union européenne et le Canada (CETA), le glyphosate ou la 
question du nucléaire).

Pour M. Macron, l’écologiste /« a son tempérament »/ mais /« apprend les 
contraintes »/ du pouvoir. /« On est tous les jours les mains dans la 
glaise et ça ne peut pas être parfait du jour au lendemain, /a-t-il 
poursuivi/. Mais c’est un inquiet. C’est pour ça que je l’ai choisi, 
parce que j’ai besoin de gens qui vivent dans le creux de leur ventre la 
nécessité de changer, de prendre des décisions, d’aller les expliquer et 
de faire. »/

    « Je ne veux pas des gens qui soient assis et contents d’être
    ministres. Je veux des gens qui agissent. Lui, il agit, il est
    inquiet, il n’est jamais satisfait. »

  * *Le chef de l’Etat souhaite /« une grande réflexion sur
    l’audiovisuel public »/ début 2018 *

Alors que la crise se poursuit à France Télévisions, où la présidente, 
Delphine Ernotte, a fait l’objet d’une motion de défiance votée par les 
journalistes, Emmanuel Macron a annoncé dimanche soir qu’il souhaitait 
qu’une /« grande réflexion sur l’audiovisuel public » /soit lancée /« au 
début de l’année prochaine »/.

    « Il faut regarder comment les usages sont en train de se
    transformer. Les plus jeunes regardent de moins en moins la
    télévision. Ils vont la regarder sur leur smartphone, sur leur
    tablette. (…) On doit reposer les bases. »

En savoir plus sur 
http://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-interview-d-emmanuel-macron-sur-france-2_5231119_5008430.html#DBMLdeSf04JbVTbd.99




http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/12/16/macron-le-drh-de-la-republique_5230732_823448.html


  Comment Emmanuel Macron se comporte en « DRH » de la République

Depuis son arrivée à l’Elysée, le chef de l’Etat court-circuite les 
ministres en recevant avant leur nomination les futurs directeurs 
d’administration centrale, en tête-à-tête.

LE MONDE | 16.12.2017 à 10h19 • Mis à jour le 17.12.2017 à 07h23 | Par 
Solenn de Royer <http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/solenn-de-royer/> 
et Bastien Bonnefous 
<http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/bastien-bonnefous/>

<http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/12/16/macron-le-drh-de-la-republique_5230732_823448.html#liste_reactions> 


Des rendez-vous très discrets, qui ne figurent jamais à l’agenda 
officiel. Depuis six mois, Emmanuel Macron reçoit dans son bureau à 
l’Elysée les directeurs d’administration centrale, juste avant leur 
nomination en conseil des ministres. Pratique inhabituelle, si ce n’est 
inédite, sous la V^e  République, le chef de l’Etat voit les intéressés 
en tête-à-tête, pour les jauger et leur donner leur feuille de route.

Ces derniers mois, le président de la République a reçu les trois 
nouveaux directeurs d’administration centrale du ministère de la 
justice : Rémy Heitz, directeur des affaires criminelles et des grâces, 
Stéphane Bredin, directeur de l’administration pénitentiaire, et Peimane 
Ghaleh-Marzban, directeur des services judiciaires.

Il a convié également le nouveau directeur de la législation fiscale 
(DLF) de Bercy, Christophe Pourreau. Ou encore le directeur général de 
la police nationale, Eric Morvan, et le directeur général de la sécurité 
intérieure, Laurent Nunez. Une liste non exhaustive, tant la pratique 
est devenue systématique et témoigne de l’exercice du pouvoir du nouveau 
chef de l’Etat.

Les futurs nominés sont priés de se plier à la nouvelle règle. /« Ce 
n’est pas un rendez-vous de courtoisie pour faire connaissance », 
/raconte un directeur, qui a été reçu pendant une demi-heure pour un 
entretien /« très dense./ /J’ai été impressionné par la manière dont le 
président prépare les entretiens/. /Il avait lu ma lettre de candidature 
et avait des questions et des interrogations très précises. J’avais été 
reçu auparavant par le premier ministre puisqu’il ne serait pas logique 
que je voie le président sans voir le premier ministre. »/


    « Il y a toujours eu une barrière invisible »

Certes, les impétrants restent généralement présélectionnés par les 
ministères concernés, puis passés au crible d’un comité de hauts 
fonctionnaires sous l’autorité de Matignon. Mais ces rendez-vous ultimes 
de validation à l’Elysée se font sans la présence du ministre de 
tutelle, au risque de fragiliser l’autorité de ces derniers, qui se 
voient court-circuités par l’échelon présidentiel.

    /« Dans la tradition républicaine, le président ne convoque jamais
    les hauts fonctionnaires car c’est aux ministres de rendre des
    comptes devant le Parlement, /rappelle l’historien Nicolas
    Roussellier, auteur de /La force de gouverner/ (Gallimard, 2015).
    /S’il a une quelconque influence sur un haut fonctionnaire, il rompt
    avec la vieille idée de souveraineté nationale. » /

M. Roussellier évoque toutefois un précédent. Pendant la première guerre 
mondiale. Raymond Poincaré, qui estimait que le ministre de la guerre 
lui cachait ce qui n’allait pas, avait rompu l’usage et convoqué 
directement les directeurs d’administration, pour s’informer. Mais 
/« hors périodes exceptionnelles,/ souligne ce professeur à Sciences 
Po,/il y a toujours eu une barrière invisible entre les élus de la 
nation et la haute administration, censée être impartiale »/.

Dans le milieu des hauts fonctionnaires, cette nouvelle pratique fait 
réagir. /« On n’a jamais vu ça ! Si Macron contourne les ministres, 
l’ordre républicain n’est plus respecté, /s’indigne un commis de l’Etat 
formé à l’ENA. /L’administration n’est pas supposée être en rapport 
direct avec le président. Elle est sous l’autorité des ministres. »/ 
Pour ce responsable, qui comme tout haut fonctionnaire ne peut pas 
témoigner à visage découvert, la méthode Macron pose /« un sujet 
politique et un sujet managérial. Ça va loin : non seulement le 
président nomme des ministres experts au gouvernement, mais en plus il 
les court-circuite. C’est le triomphe de la technocratie ! »/

Pour l’ancien ministre de l’intérieur de Jacques Chirac et ex-président 
du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, /« c’est mettre les 
ministres dans une situation impossible, en minant leur autorité » 
/d’emblée. /« Je ne l’aurais pas accepté »,/ poursuit-il.


    « L’état d’esprit a changé »

A l’Elysée, ce nouveau fonctionnement est totalement assumé au nom de 
l’efficacité et de la volonté réformatrice tous azimuts du chef de 
l’Etat. L’énarque Emmanuel Macron, qui a connu à la fois l’Inspection 
des finances et la banque privée, sait que le véritable pouvoir 
d’exécution en France se situe au niveau de l’administration, qu’il 
entend donc contrôler étroitement.

Si la valse des directeurs d’administration centrale annoncée, le fameux 
/spoil system/ à l’américaine, n’a pas vraiment eu lieu à cette heure, 
les responsables en place sont clairement mis sous pression.

    /« L’état d’esprit a changé,/ reconnaît un conseiller de l’Elysée.
    /Les directeurs d’administration centrale sont tenus avec des rênes
    courtes. Ils doivent être en accord avec la feuille de route
    présidentielle et gouvernementale. Chacun doit assumer ses
    responsabilités. »/

Au gouvernement, les ministres concernés ne pipent mot. Mieux, au 
ministère de l’économie et des finances, on ne voit aucun inconvénient à 
ce que le président ait auditionné le directeur de la législation 
fiscale sans Bruno Le Maire, qui s’était pourtant impliqué dans la 
nomination de son ex-conseiller fiscal. /« Il n’y a rien de choquant à 
ce que le président voit le DLF, il fait partie des plus hauts 
fonctionnaires,/ explique-t-on dans l’entourage du ministre. /Et vu 
l’agenda surbooké du ministre, heureusement qu’il n’accompagne pas les 
directeurs du ministère à chaque entretien avec le président ! »/


    « Un PDG se mettrait toute l’entreprise à dos ! »

Dans la technocratie, certains hauts fonctionnaires jugent positivement 
cette nouvelle pratique, ravis de sortir enfin de l’ombre et d’être 
directement associés à la décision politique. Une puissance nouvelle, 
accentuée par la baisse du nombre de conseillers techniques dans les 
cabinets ministériels.

    /« Les directeurs d’administration centrale sont dans la
    satisfaction d’approcher le soleil et le vrai pouvoir, même si
    certains sont aussi dans la crainte de prendre les responsabilités
    qui vont avec. Jusqu’à présent, ils avaient l’influence de la
    technique et la sérénité de la durée, c’était plus confortable mais
    moins flatteur », /sourit un connaisseur avisé de la haute fonction
    publique.

Cette mainmise de la présidence participe pleinement de 
l’hyper-concentration du pouvoir sous l’ère Macron. /« On a eu rarement 
un président à ce point centralisateur, au carrefour de la mise en place 
des politiques publiques, /estime un ancien ministre./C’est lui qui 
domine tout. »/ Une tendance naturelle chez le nouveau chef de l’Etat 
qui tranche avec les pratiques en la matière de ses prédécesseurs.

Si François Hollande s’occupait peu des nominations des directeurs 
d’administration centrale (/« il faisait confiance à ses ministres »/, 
selon un ex-conseiller), Nicolas Sarkozy, en revanche, aurait rêvé être 
en prise directe avec la haute fonction publique. Mais l’ancien 
président n’a jamais osé aller aussi loin que M. Macron. /« Il avait 
très envie de recevoir lui-même les DAC mais beaucoup de gens lui ont 
expliqué que cela ne se faisait pas »,/ confirme son ancienne directrice 
de cabinet à l’Elysée, Emmanuelle Mignon, pour qui cette méthode demeure 
/« transgressive »./

/« Il faut imaginer la même chose dans une entreprise,/ illustre cette 
conseillère d’Etat aujourd’hui avocate dans un grand cabinet privé. /En 
recevant directement un collaborateur, sans la présence de son chef 
direct, un PDG se mettrait toute l’entreprise à dos ! »/ Mais pour M^me 
Mignon, cette pratique reste sans doute l’un des seuls moyens de lutter 
contre les pesanteurs de l’administration.

/« Macron connaît l’administration par cœur, c’est son monde,/ 
poursuit-elle. /Sarkozy l’aurait d’autant moins fait que ce n’était pas 
son monde. » « Macron est aussi transgressif que Sarkozy, mais comme il 
présente mieux, ça passe,/ ajoute un autre ancien conseiller élyséen. 
/En fait, avec lui, tout passe, c’est assez incroyable. » /


    Devoir tout assumer, y compris les ratés

Pour les partisans de M. Macron, ces méthodes de management traduisent 
l’évolution naturelle des institutions et le rôle central dévolu au 
président de la République. /« Le pouvoir se concentre de plus en plus à 
l’Elysée, qui devient l’équivalent de la Maison Blanche américaine »,/ 
explique un haut fonctionnaire.

Mais le député Nouvelle Gauche Boris Vallaud, ancien secrétaire général 
adjoint de l’Elysée sous le quinquennat Hollande, s’inquiète d’un 
système qui /« crée des allégeances personnelles entre des hauts 
fonctionnaires et un président tout-puissant qui leur dit “c’est à moi 
que vous devez rendre des comptes” »/. Or, appuie un ancien ministre 
socialiste, /« une bonne administration est celle qui décline l’action 
des ministères, pas celle qui la décide à leur place »./ /« Macron 
applique à l’ensemble du gouvernement la méthode Bercy, où le directeur 
du Trésor est souvent plus puissant que le ministre de l’économie et des 
finances »,/ ajoute ce responsable.

L’agenda présidentiel étant très chargé, il n’est pas toujours facile de 
trouver une date pour le grand oral avec tel ou tel impétrant. Ce qui 
retarde parfois des nominations. A tout centraliser, le chef de l’Etat 
prend aussi le risque à terme de devoir tout assumer, y compris les 
ratés. De fusibles pratiques pour le pouvoir, les hauts commis de l’Etat 
pourraient alors se transformer en boomerangs.

/« Comme Macron nomme directement les gens, le jour où il y a un 
problème et où il faut désigner un responsable, on désigne qui ? Le 
fonctionnaire ? Ou celui qui l’a nommé, le président ?,/ s’interroge cet 
ancien ministre du précédent quinquennat./Jusqu’à présent, tout le 
management de Macron repose sur la martingale de la victoire, mais si un 
jour il trébuche, tout peut exploser. »/

En savoir plus sur 
http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/12/16/macron-le-drh-de-la-republique_5230732_823448.html#RslTlhkC2WtoX6gs.99



Philippe CASTEL, chargé des relations avec la presse pour la FSU
06 72 53 91 13 / 01 41 63 27 40



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<a class="moz-txt-link-freetext" href="https://www.mediapart.fr/journal/france/181217/macron-communique-interview-debout-journalisme-couche">https://www.mediapart.fr/journal/france/181217/macron-communique-interview-debout-journalisme-couche</a>
    <div class="moz-signature">
      <h1 class="title"> Macron communique: interview debout,
        journalisme couché </h1>
      <div class="author"><time datetime="2017-12-18">18 décembre 2017</time>
        Par <a rel="author"
          href="https://www.mediapart.fr/biographie/hubert-huertas"
          class="journalist">Hubert Huertas</a></div>
      <div class="introduction">
        <p><span>Tout ce qui est rare n'est pas précieux. La preuve,
            l’interview d’Emmanuel Macron accordée dimanche soir à
            France 2. C'était son deuxième entretien télé en sept mois.
            On attendait de la densité, on eut des amabilités, et deux
            marcheurs qui marchaient pour enfoncer quelques portes
            ouvertes mais ornées de dorures. Michel Droit-de Gaulle,
            c’était en noir et blanc ; Laurent Delahousse-Macron, c'est
            en couleurs. Mais le naufrage du journalisme est le même.<br>
          </span></p>
      </div>
      <p><span>Bien sûr Delahousse est Delahousse, donc le contraire
          d’un puncheur. Avec lui, les entretiens tiennent davantage des
          confidences sur canapé de velours que du questionnement à la
          toile abrasive. Mais Emmanuel Macron est président de la
          République. Il n’était donc pas insensé d’espérer quelques
          annonces, ou quelques explications, les sujets ne manquent
          pas. Rien de cela. </span></p>
      <p><span>À la place de l’échange attendu, on eut un soliloque
          marqué par une innovation : pour la première fois depuis le
          début de la Cinquième République, et l’irruption de la
          télévision dans la vie quotidienne des Français, le président
          n’était pas assis. Il parlait en marchant à travers les
          salons, les bureaux, et les couloirs du palais de l’Élysée, et
          s’il enfonçait quelques portes ouvertes au passage, elles
          avaient l’avantage d’être ornées de dorures.</span></p>
      <p><span>Emmanuel Macron ne foulait pas seulement les tapis de sa
          demeure de fonction, il paraissait sur un nuage en cette fin
          d’année 2017. Depuis un an, il déjoue tous les pronostics et
          donne le tournis à ses opposants, qui ne savent plus par quel
          bout le saisir. </span></p>
      <p><span>Il a franchi sans encombre une rentrée qu’on lui
          prédisait apocalyptique, après avoir fait voter une réforme du
          code du travail qui aurait fait sauter tous les gouvernements
          depuis trente ans. Et après avoir concurrencé ses deux
          prédécesseurs sur le plan de l’impopularité, il voit sa cote
          se redresser dans l’opinion tandis que son premier ministre,
          avec ses airs de panthère rose, finit par imposer une patte
          dont on le pensait dépourvu.</span></p>
      <p><span>Comment s’explique ce regain, qui n’est peut-être qu’un
          répit ? Macron a sa petite idée. Une idée qui lui fait plaisir
          et qu’il déguste avec la même formule, reprise deux fois,
          comme une douceur : <i>«</i></span><i><span><i> J’ai fait ce
              que j’ai dit que</i> je ferais. » </span></i><span>Il le
          dit et le répète. Il en fait même une théorie : </span><i><span>« S’il
            y a une crise de la démocratie, c’est une crise de
            l’efficacité. »</span></i></p>
      <p><span>C’est ce passage de la parole aux actes qu’il a voulu
          illustrer dimanche soir, en se présentant comme un homme
          radicalement neuf, </span><i><span>« sans alliés »</span></i><span>,
          et dont les adversaires seraient sans consistance. Une espèce
          de miracle. L’effet d’une nouveauté qui serait son carburant
          sur le plan intérieur et le plan international : <i>« </i></span><i><span>En
            décidant au mois de mai dernier d'élire un président de
            39 ans qui n'avait aucun parti, que personne ne connaissait
            et qui sortait de nulle part, ce qui est le choix que notre
            pays a fait, ils ont fait quelque chose qu'aucun autre pays
            n'a fait. </span></i><span><i>»</i> </span></p>
      <p><span>Delahousse n’a pas fait remarquer que ce parfait inconnu
          avait seulement été ministre de l’économie, comme Valéry
          Giscard d’Estaing en des temps éloignés, et que le <i>« nulle
            part »</i> qu’il se plaisait à évoquer est d’abord celui de
          l’ENA, puis de la banque Rothschild, et enfin de l’Élysée
          qu’il a retrouvé en passant du poste de secrétaire général
          adjoint de François Hollande à la fonction de président. Mais
          faut-il reprocher à Delahousse de faire du Delahousse ? Il
          n’est pas un oursin, plutôt un gros chat qui ronronne. </span></p>
      <p><span>Côté ronron, on eut donc la stéréo, comme au bon vieux
          temps des trente-trois tours. </span></p>
      <p><span>Sur la Syrie, le président de la République a rappelé sa
          position, en la précisant un peu : </span><i><span>« La
            priorité, c’est l’extermination de Daech avant Bachar. On
            vient de gagner la guerre en Irak avec la coalition, je
            pense que d’ici à la mi-février on aura gagné la guerre en
            Syrie. Bachar al-Assad sera là. »</span></i><span> Un Bachar
          qui aurait ensuite à </span><i><span>« répondre de ses crimes
            devant son peuple et la justice internationale ».</span></i></p>
      <p><span>À propos de Donald Trump qu’il a reçu en grande pompe, en
          espérant le faire changer d’avis après sa sortie de l’Accord
          de Paris sur le climat, il n’émet aucun regret. Il comprend
          même un président qui </span><i><span>« respecte ses
            engagements devant ses électeurs »</span></i><span>. Il
          espère simplement le doubler en invitant les grands patrons
          américains, les grandes villes ou les chercheurs à le
          rejoindre. </span></p>
      <p><span>Après avoir espéré influencer la décision du président
          américain, le président français, qui se présente comme un
          leader mondial de la lutte contre le réchauffement climatique,
          estime aujourd’hui que cette décision </span><i><span>« regrettable »</span></i><span>
          n’a finalement pas une importance irrémédiable. Son idée,
          c’est de pratiquer </span><i><span>« le judo »</span></i><span>.
          Utiliser les forces contraires pour les tourner à son
          avantage. </span></p>
      <p><span>C’est ainsi qu’il entend <i>« verdir la finance »</i>,
          c’est-à-dire convertir des forces qui calculent leur
          rentabilité au millième de seconde à des investissements qui
          ne produiront leurs effets que dans vingt ou trente ans. <i>«</i>
        </span><i><span>Vaste programme »</span></i><span>,</span> <span>comme
          disait Charles de Gaulle.   <br>
        </span></p>
      <p><span>Au sortir de la conférence de Paris (l’entretien a été
          enregistré mardi 12 décembre), Emmanuel Macron a longuement
          évoqué l’impératif écologique. Avec des annonces, ou plutôt
          des confirmations, qui n’enchantent guère les écologistes. </span></p>
      <p><span>Il fermera certes <i>« les centrales »</i>, mais <i>« les
            centrales thermiques »</i>. Quant aux centrales nucléaires,
          il se montre extrêmement prudent, confirmant au passage que la
          réduction du parc à 50 % de la production énergétique est
          repoussée <i>sine die</i>. Il attendra sagement l’avis de
          l’Autorité de sûreté nucléaire, dans dix-huit mois, avant de
          décider centrale par centrale du maintien, de la rénovation ou
          de la fermeture. À plusieurs reprises, Emmanuel Macron a
          souligné que l’énergie nucléaire n’était <i>« pas carbonée »</i>… 
          <br>
        </span></p>
      <p><span>Dans sa déambulation, à moins que ce ne fût une
          lévitation, le président de la République a enfin abordé la
          question de l’audiovisuel public. Des informations plus ou
          moins démenties, et plus ou moins confirmées, ont rapporté
          qu’il se serait emporté en qualifiant ce secteur de <i>« honte
            de la République »</i>. </span></p>
      <p><span>Soucieux de désamorcer le fâcheux effet de cette phrase
          sur les salariés travaillant dans les radios et les
          télévisions publiques, il a arrondi les angles tout en
          confirmant sa volonté d’ouvrir un chantier. Pour lui, ces
          dizaines de radios et ces chaînes de télévision n’ont pas
          saisi que les temps avaient changé : </span><i><span>« Notre
            audiovisuel public reste structuré dans son architecture sur
            le monde d’avant. »</span></i></p>
      <p><span>Et comment se traduirait une mise à jour conforme au XXI<sup>e</sup>
          siècle ? Par la <i>« mutualisation »</i>. Cette idée-là,
          synonyme de concentration et de disparition des chaînes, les
          personnels des cinquante radios de Radio France et des chaînes
          comme France 2, France 3 ou France 5 l’entendent depuis quinze
          ans. Ce qu’ils redoutent, et que l’Élysée ne dément pas, c’est
          que le nouveau logiciel imaginé par Emmanuel Macron, au nom du
          nouveau monde, ne renvoie finalement à l’ORTF chère au
          président Pompidou et à sa <i>« voix de la France »</i>. </span></p>
      <p><span>Au bilan de ces quarante minutes, le président de la
          République a donc théorisé les raisons de sa victoire de mai
          dernier, et de son regain dans l’opinion : il <i>« fait ce
            qu’il a dit qu’il ferait »</i>. Sauf qu’il a très peu parlé
          du chômage, qui était au cœur de son programme, promettant
          simplement les effets de ses réformes d’ici à deux années. Et
          qu’il s’est longuement attardé sur deux sujets dont il n’avait
          rien dit, ou presque : l’écologie, en revenant sur l’agenda
          2025, et la réforme de l’audiovisuel public, qui sera engagée
          au début de l’année prochaine. </span></p>
      Pour l’essentiel, et contrairement à son credo, il a donc promis
      de faire ce qu’il n’avait jamais dit qu’il ferait !<br>
      <p><span>Si la forme de l’entretien d’hier est une préfiguration
          de la télévision publique telle qu’il la rêve, son tête-à-tête
          avec un confident nous projette dans un retour vers le futur.
        </span></p>
      <span>Depuis la très célèbre interview du général de Gaulle par
        Michel Droit, entre deux tours de la première présidentielle de
        1965, on n'avait jamais atteint un tel taux de proximité. Mais
        n’exagérons rien, et ne sombrons pas dans la caricature : Michel
        Droit, c’était en noir et blanc, alors que Delahousse c’est de
        la caresse en couleurs.</span><br>
      <br>
      <br>
      <br>
      <br>
<a class="moz-txt-link-freetext" href="https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/0301035827293-macron-fait-son-premier-bilan-detape-2139076.php">https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/0301035827293-macron-fait-son-premier-bilan-detape-2139076.php</a><br>
      <div class="copy-paste-block">
        <header class="main-header-article">
          <h1 class="title-article">Macron fait son premier bilan
            d'étape </h1>
          <div class="meta">
            <span><a class="meta-author"
                href="https://www.lesechos.fr/journalistes/index.php?id=212"
                title="Tous les articles de Gregoire Poussielgue"><span>Gregoire
                  Poussielgue</span></a></span> <time class="meta-date"
              itemprop="datePublished"
              datetime="2017-12-17T21:54:27+01:00"></time>Le 17/12 à
            21:54<time class="meta-upd" itemprop="dateModified"
              datetime="2017-12-17T22:11:30+01:00">Mis à jour à 22:11</time>
          </div>
        </header>
        <div class="main-content content-article">
          <h2 class="chapo-article">Invité dimanche soir sur France 2,
            le chef de l'Etat a largement évoqué la question climatique
            mais aussi les réformes qu'il entend mener.</h2>
          <div class="paywall">
            <p itemprop="articleBody">Sur la forme, l'innovation était
              indéniable. C'est en déambulant dans les salons de
              l'Elysée, de son bureau au vestibule du premier étage pour
              finir dans le hall d'entrée du palais présidentiel,
              qu'Emmanuel Macron a répondu dimanche soir aux questions
              de Laurent Delahousse sur France 2 pour une nouvelle
              interview, la première depuis deux mois.</p>
            <p itemprop="articleBody">Long de 40 minutes exactement,
              l'entretien avait été enregistré le 12 décembre, au soir
              du  <a
href="https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/0301018633876-quels-engagements-retenir-du-one-planet-summit-2138146.php">One
                Planet Summit</a> , le sommet sur le climat organisé le
              jour même à Paris par la France pour répondre au retrait
              américain de l'accord de Paris. Les questions liées au
              climat et à l'environnement ont donc occupé une large
              place au cours de l'entretien. <em>«Je ne suis pas un
                activiste du climat depuis des décennies »</em>, a
              concédé Emmanuel Macron, qui n'en  veut pas moins occuper
              le leadership mondial sur la question climatique après le
              retrait américain. <em>«On peut avoir un dynamise
                économique et une exigence climatique »</em>, a ajouté
              celui qui a concédé que <em>« la France est en retard dans
                l'énergie renouvelable »</em>.  </p>
            <p itemprop="articleBody">Les autres grands sujets
              internationaux ont occupé l'interview, comme la relation
              avec  l'Afrique ou la guerre civile en Syrie.  <a
href="https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/030949690224-au-burkina-faso-macron-a-alterne-eloges-et-provocations-2134009.php">Moins
                d'un mois après son discours fondateur de Ouagadougou</a>
              , Emmanuel Macron a de nouveau plaidé pour une <em>«nouvelle
                relation »</em> avec l'Afrique. <em>«Travailler pour une
                nouvelle relation avec l'Afrique est indispensable pour
                éviter une nouvelle imigration subie »</em>, a-t-il
              déclaré.</p>
            <p itemprop="articleBody">Sur la question syrienne, il a
              indiqué que la guerre contre l'Etat islamique serait
              achevée mi ou fin février, et qu'il faudrait après <em>«construire
                une paix durable »</em>. </p>
            <div class="bloc-pub-mob">
            </div>
            <h3 class="intertitre" itemprop="articleBody">«Je fais ce
              que j'ai dit »</h3>
            <p itemprop="articleBody">L'entretien lui a aussi permis de
              faire un premier bilan et d'évoquer sa pratique du
              pouvoir. <em>« Je fais ce que j'ai dit. Ca étonne
                peut-être, ça en contrarie d'autres, ça fait peut-être
                longtemps que ce n'était pas arrivé »</em>, a-t-il
              lancé. </p>
            <p itemprop="articleBody">Il est aussi revenu sur  <a
href="https://www.lesechos.fr/economie-france/dossiers/030416148716/030416148716-la-reforme-du-code-du-travail-2098263.php">la
                réforme du droit du travail</a> , projet phare de son
              programme et qui a lancé son quinquennat. <em>« J'ai fait
                tout de suite la réforme la plus importante qui avait
                été évitée en France depuis 20 ans »</em>, a déclaré
              Emmanuel Macron. <em>« Il faut impulser les choses dés le
                début du mandat pour ensuite avoir les résultats »</em>,
              a-t-il enchaîné.</p>
            <p itemprop="articleBody">
              <em>« J'espère les avoir assez expliquées, je les
                réexpliquerais si elles n'étaient pas claires, et s'il y
                a des erreurs qui ont été faites, je les corrigerai »</em>,
              a ajouté le locataire à propos des  <a
href="https://www.lesechos.fr/economie-france/dossiers/030373337991/030373337991-macron-six-reformes-sociales-en-18-mois-2092790.php">réformes
                qu'il a engagées</a> et celles qu'il souhaite mettre en
              oeuvre. Il a confirmé que la réforme de l'assurance
              chômage, de l'apprentissage et de la formation
              professionnelle sera votée au printemps prochain. Prudent,
              Emmanuel Macron n'a donné aucun objectif chiffré quant à
              la baisse du chômage Il se donne deux ans pour voir les
              premiers résultats. </p>
            <p itemprop="articleBody">Si la réforme du code du travail a
              eu du mal à passer auprès de l'opinion, elle semble
              aujourd'hui digérée. Emmanuel Macron finit en effet
              l'année en forme dans les sondages. La dernière étude IFOP
              pour le «JDD » parue dimanche le crédite de 52% d'opinions
              favorables, en progression de 6 points. Il se situe à
              l'inverse des courbes de Nicolas Sarkozy et de François
              Hollande qui, à la même époque de leur mandat, avaient
              déjà entamé leur chute dans l'opinion. </p>
            <h3 class="intertitre" itemprop="articleBody">«ça ne fera
              pas manger les Français »</h3>
            <p itemprop="articleBody">Emmanuel Macron a peu évoqué la
              politique intérieure. Répondant à une question sur Laurent
              Wauquiez, le nouveau patron des Républicains qui avait
              estimé fin octobre qu'Emmanuel Macron était «le désert de
              l'âme », l'intéressé n'a pu s'empêcher de le tacler. </p>
            <p itemprop="articleBody">'Ca n'apporte rien au pays, ça dit
              la haine qu'il a pour votre serviteur. Je la lui laisse,
              qu'il vive avec, ça fera son quotidien. Ca ne fera pas
              manger les Françaises et les Français, ça ne fera pas
              progresser le pays', a estimé le fondateur d'En Marche. </p>
            <p itemprop="articleBody">'Les gens qui s'opposent pour ou
              insulter ou décréter n'ont aucun intérêt. C'est le
              commentaire politique, mais ça n'intéresse pas le
              président de la République', a-t-il conclu. </p>
            <div class="signature-article">Grégoire Poussielgue</div>
          </div>
          <div class="signature-article">
            <a href="https://twitter.com/Poussielgue">@Poussielgue</a></div>
        </div>
        <span><br>
          En savoir plus sur
<a class="moz-txt-link-freetext" href="https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/0301035827293-macron-fait-son-premier-bilan-detape-2139076.php#zJsU6qzvoKoSR6xi.99">https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/0301035827293-macron-fait-son-premier-bilan-detape-2139076.php#zJsU6qzvoKoSR6xi.99</a></span></div>
      <br>
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      <br>
      <br>
<a class="moz-txt-link-freetext" href="http://www.liberation.fr/politiques/2017/12/18/macron-sur-france-2-le-leadership-mis-en-scene_1617386">http://www.liberation.fr/politiques/2017/12/18/macron-sur-france-2-le-leadership-mis-en-scene_1617386</a><br>
      <h1 class="article-headline"> Macron sur France 2 : le leadership
        mis en scène </h1>
      <div class="article-head-metas"> <span class="authors"> Par <span
            class="author"> <a
              href="http://www.liberation.fr/auteur/1869-alain-auffray"><span>Alain
                Auffray</span></a> </span> </span> — <span
          class="date"> <time datetime="2017-12-18T10:12:49">18
            décembre 2017 à 10:12</time> </span> </div>
      <div class="container-column clearfix">
        <div class="wide-column width-padded-left">
          <figure class="article-image article-header-image"> </figure>
        </div>
      </div>
      <h2 class="article-standfirst read-left-padding">Au long d'une
        déambulation filmée dans le palais de l'Elysée, le chef de
        l'Etat s'est expliqué dimanche soir sur son ambition de renouer
        avec «le destin français», qui vise l'universel.</h2>
      <div class="article-body read-left-padding">
        <p>Répondant à une dernière question de Laurent Delahousse,
          Emmanuel Macron a regretté que l’audiovisuel public n’ait pas
          su s’adapter au changement. Il faudra, a-t-il ajouté, le
          réformer en profondeur afin qu’il <em>«réponde à ses missions
            de service public»</em>, en se préoccupant notamment de la
          formation citoyenne de la jeunesse. Le chef de l’Etat
          voulait-il donner l’exemple en réservant à France 2 sa
          deuxième interview télévisée ? C’est en tout cas ce qu’ont cru
          voir plusieurs de ses soutiens, députés de la majorité LREM,
          qui ont salué dimanche soir les vertus pédagogiques de cette
          émission, selon eux, <em>«exemplaire».</em></p>
        <p>Il est vrai que l’entretien diffusé dimanche mais enregistré
          mardi dans le palais de l’Elysée avait visiblement la
          prétention de renouveler le genre. Pendant près de quarante
          minutes, on a vu Macron et Delahousse converser en déambulant
          dans le palais de l’Elysée. Plus proche du <em>Secrets
            d’histoire</em> à la manière de Stéphane Bern que de la
          classique interview politique, l’exercice a été abondamment
          raillé sur les réseaux sociaux. Plus qu’à de véritables
          questions, c’est parfois à de vrais compliments que Macron
          avait à répondre. La promenade a commencé au premier étage,
          dans le bureau présidentiel où le chef de l’Etat confie qu’il
          travaille dur et dort très peu. Il travaille tant, d’ailleurs,
          qu’il n’a pas le temps de s’asseoir. Lentement, les deux
          hommes sont filmés, dans des plans élégants et sophistiqués,
          traversant plusieurs pièces, descendant l’escalier d’honneur
          pour finir leur conversation dans le vestibule. Le Président
          accompagnant poliment son visiteur jusqu’à la sortie : ainsi
          pourrait se résumer la mise en scène de cette
          émission-événement, annoncée tambour battant, tout le
          week-end, par la chaîne publique.</p>
        <p>Le chef de l’Etat s’est longuement justifié sur le
          «leadership» qu’il entend exercer en Europe comme sur le front
          de la guerre aux jihadistes ou sur celui du combat pour la
          planète. <em>«Le leadership européen et international, je le
            tiens de mon peuple»,</em> a-t-il expliqué, ajoutant que
          cela résultait de son élection : en choisissant d’élire au
          mois de mai <em>«un président de 39 ans […] qui sortait de
            nulle part, la France a stupéfié le monde»</em>. Dès lors,
          il se trouvait dans l’obligation <em>«d’aller fort et vite, y
            compris en Europe et à l’international»</em>. Prendre le
          leadership, c’était <em>«retrouver ce qu’est le destin
            français»</em>. Macron entend renouer avec <em>«ces grandes
            époques»</em> où la France a contribué à <em>«tirer le
            monde vers son avenir»</em>, portant <em>«l’universel»</em>
          grâce à de <em>«grandes conquêtes civilisationnelles»</em>. <em>«C‘est
            votre héroïsme ?»</em> <em>«Oui, je l’assume totalement»,</em>
          a répondu le Président, nullement embarrassé par cette
          encombrante question.</p>
        <h3>Environnement</h3>
        <p>Enregistrée le soir du 12 décembre, alors que venaient de se
          réunir à Paris une cinquantaine de chefs d’Etat et de
          gouvernement pour le One Planet Summit, la conversation a
          porté pour l’essentiel sur la bataille pour le climat. Une
          façon de corriger la première interview télévisée : le
          15 octobre, sur TF1, le chef de l’Etat n’avait pas eu un mot
          sur l’environnement. Empêtré dans son image de président des
          riches, en berne dans les sondages, il était alors trop occupé
          à dire son <em>«respect»</em>, sa <em>«considération»</em> à
          ceux qui avaient pu être blessés par ses propos sur le <em>«bordel»</em>
          ou <em>«les fainéants»</em>. Rien de tel ce dimanche, alors
          que tous les sondages enregistrent un exceptionnel rebond de
          la popularité du chef de l’Etat.</p>
        <p>Reconnaissant qu’il était loin d’être un <em>«activiste du
            climat depuis des décennies»</em>, il a assuré avoir<em>
            «changé de point de vue sur beaucoup de sujets structurants»</em>.
          Il croit désormais à la possibilité de <em>«concilier
            dynamisme économique et exigence climatique»</em>. Il veut<em>
            «accélérer massivement»</em> la transition écologique et
          faire de la France <em>«le leader de la révolution numérique,
            environnementale et de la finance»</em>.</p>
        <p>Dans cette entreprise, il affirme avoir plus que jamais
          besoin de Nicolas Hulot à qui il reconnaît cette qualité
          rare : il est de ces gens <em>«qui vivent dans le creux de
            leur ventre la nécessité de changer, de prendre les
            décisions, d’aller les expliquer et de faire»</em>. De son
          ombrageux ministre de l’Ecologie, le chef de l’Etat n’est pas
          loin de faire un modèle. <em>«Il est inquiet, il n’est jamais
            satisfait […], c’est pourquoi je l’ai choisi»</em>, a-t-il
          assuré. Toujours en marche devant les caméras de France 2,
          Macron n’a que faire, dans son gouvernement,<em> «des gens qui
            sont assis et contents d’être ministres»</em>. Dans l’équipe
          d’Edouard Philippe, certains auront pu y voir une sorte de
          mise en garde.</p>
        <h3>Mépris </h3>
        <p>Dans la posture du leader énergique mais bienveillant, Macron
          a assuré qu’il ne négligeait pas ses adversaires politiques.
          Ils ont aussi leur utilité :<em> «Il faut des oppositions»,</em>
          a-t-il répondu, assurant être <em>«toujours»</em> à leur
          écoute, notamment quand on lui reproche de ne pas en <em>«faire
            assez»</em> pour les plus défavorisés. Il s’est dit en
          revanche beaucoup moins sensible à ces adversaires de droite
          et d’extrême droite, <em>«tous ceux qui pensent que notre
            pays est condamné à se replier sur lui-même»</em>.</p>
        <p>Alors que Laurent Delahousse lui rappelait que Laurent
          Wauquiez l’accuse d’avoir <em>«la haine de la province»</em>,
          le chef de l’Etat a estimé que cette affirmation ne disait
          rien, si ce n’est <em>«la haine»</em> que lui porte le patron
          de LR. <em>«Qu’il vive avec, ça fera son quotidien. Ça ne
            fera pas manger les Françaises et les Français, ça ne fera
            pas progresser le pays»</em>, a-t-il ajouté, laissant voir
          son mépris pour le personnage. <em>«Les gens qui s’opposent
            pour insulter n’ont aucun intérêt. C’est le commentaire
            politique, mais ça n’intéresse pas le président de la
            République»,</em> a conclu le locataire de l’Elysée, devant
          le portail vitré où il devait prendre congé de son aimable
          visiteur.</p>
        <span class="authors"> <span class="author"> <a
              href="http://www.liberation.fr/auteur/1869-alain-auffray">Alain
              Auffray </a> </span> </span> </div>
      <br>
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<a class="moz-txt-link-freetext" href="http://www.liberation.fr/france/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-intervention-d-emmanuel-macron-sur-france-2_1617343">http://www.liberation.fr/france/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-intervention-d-emmanuel-macron-sur-france-2_1617343</a><br>
      <h1 class="article-headline"> Ce qu'il faut retenir de
        l'intervention d'Emmanuel Macron sur France 2 </h1>
      <div class="article-head-metas"> <span class="authors"> Par <span
            class="author"> <a
              href="http://www.liberation.fr/auteur/13090-liberation"><span>
                LIBERATION</span>, avec AFP</a> </span> </span> — <span
          class="date"> <time datetime="2017-12-17T21:39:57">17
            décembre 2017 à 21:39</time> (mis à jour à <time>21:59</time>)
        </span> </div>
      <div class="container-column clearfix">
        <div class="wide-column width-padded-left">
          <figure class="article-image article-header-image"> </figure>
        </div>
      </div>
      <h2 class="article-standfirst read-left-padding">Le président de
        la République s'exprimait face à Laurent Delahousse dimanche
        soir après sept mois de mandat. «Libération» vous résume
        l'intervention du chef de l'Etat en cinq points. </h2>
      <div class="article-body read-left-padding">
        <div class="adn ads">
          <div class="gs">
            <div class="ii gt adP adO">
              <div class="a3s aXjCH m160661459b0a706d">
                <div lang="FR">
                  <div class="m_3163778709108603700WordSection1">
                    <p>Ils sont tous les deux debout. D’abord dans le
                      bureau présidentiel. Puis, ils se mettent à
                      marcher dans le Palais de l’Elysée, tout en
                      discutant. Le président de la République Emmanuel
                      Macron était sur France 2 dimanche soir face à
                      Laurent Delahousse pendant 40 minutes, pour faire,
                      principalement, le service après vente de son
                      sommet contre le réchauffement climatique de mardi
                      dernier. <em>Libération</em> répertorie les cinq
                      points à retenir de cet <em>Entretien spécial</em>.</p>
                  </div>
                </div>
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          </div>
        </div>
        <h3>«Je pense que d’ici fin février, nous aurons gagné la guerre
          en Syrie» </h3>
        <p><em>«Le 9 décembre, le Premier ministre irakien (Haider
            al-Abadi) a annoncé la victoire face à Daech (acronyme arabe
            de l’EI, ndlr) et je pense que, d’ici mi, fin février, nous
            aurons gagné la guerre en Syrie»</em>, a déclaré le
          président de la République. <em>«Il faudra parler»</em> au
          président syrien Bachar al-Assad, a-t-il averti<em>,</em>
          soulignant que cela n’empêchera pas le dirigeant syrien,
          accusé de nombreuses exactions, de <em>«répondre de ses
            crimes devant son peuple, devant la justice internationale».</em></p>
        <p><em>«Dans le processus que la France souhaite voire émerger
            en début d’année prochaine, il y aura des représentants de
            Bachar mais je souhaite aussi et surtout qu’il y ait des
            représentants de toutes les oppositions, y compris de ceux
            qui ont quitté la Syrie pour leur sécurité à cause de Bachar
            et non de Daech»</em>, a ajouté Emmanuel Macron.</p>
        <h3>«Mettre la finance au chevet du climat»</h3>
        <p>S'exprimant sur la transition écologique, qu'il veut <em>«accélerer
            massivement»,</em> Emmanuel Macron a déclaré vouloir <em>«que
            la France devienne le leader de la révolution numérique,
            environnementale et de la finance»</em>. Le président de la
          République s'est par ailleurs engagé à fermer <em>«toutes les
            centrales thermiques et à charbon qui existent en France
            pendant le quinquennat»</em>, sans envisager une sortie du
          nucléaire :<em>«le nucléaire, ce n’est pas mauvais pour les
            émissions de CO2, c’est la manière la plus décarbonée de
            produire de l’électricité. </em>Si on ferme une centrale «<em>ce
            n’est pas vrai de dire que que je peux la remplacer par le
            renouvelable...»</em>, a ajouté le chef de l’Etat qui a dit
          s’en remettre à l’autorité de sureté.</p>
        <h3>Hulot, «c’est un inquiet, c’est pourquoi je l’ai choisi»</h3>
        <p><em>«J’ai besoin de gens qui vivent dans le creux de leur
            ventre la nécessité de changer, de prendre les décisions,
            d’aller les expliquer et de faire. Je ne veux pas des gens
            qui soient assis et contents d’être ministre (...). Lui, il
            agit, il est inquiet, et il n’est jamais satisfait»</em>, a
          indiqué le président, en parlant de son ministre de
          l'écologie. Emmanuel Macron a assuré que Nicolas Hulot n’était
          <em>«jamais»</em> venu le voir pour lui faire part de son
          désir de quitter le gouvernement.</p>
        <h3>Des résultats sur le chômage «dans cinq ans»</h3>
        <p>Macron a par ailleurs déclaré que les ordonnances réformant
          le code du travail donneront des résultats sur le chômage <em>«dans
            les cinq ans»</em>. <em>«Sur le sujet du chômage, j’ai pris
            mes responsabilités. J’ai fait tout de suite la réforme la
            plus importante qui avait été évitée en France depuis 20
            ans»</em>, a assuré le président de la République. <em>«Les
            décisions que nous avons prises en début de quinquennat
            n’ont pas d’impact immédiat</em>, a-t-il ajouté. <em>Cette
            réforme produira des résultats, c’est sûr. Dans les cinq
            ans. Mais après, je dis, il faut attendre deux ans pour
            qu’elle commence à avoir ses pleins effets, mais je ne suis
            pas là pour faire des pronostics, je suis là pour agir».</em></p>
        <h3>Une grande réflexion sur l'audiovisuel public début 2018</h3>
        <p>Emmanuel Macron a annoncé un travail de réflexion en début
          d'année 2018 avec les parlementaires et les acteurs de
          l'audiovisuel public. <em>«Comment mieux mutualiser la radio,
            la télévision, le digital ?, </em>a déclaré le chef de
          l'Etat.<em> Est-ce que le dispositif est le plus adapté pour
            former les jeunes, éveiller leur consciences ? Pas
            totalement. (...) Il y a beaucoup d’argent sur l’audiovisuel
            public, c’est le premier budget de la culture. Est-ce que
            l’argent est mis au bon endroit ?»</em></p>
        <span class="authors"> <span class="author"> <a
              href="http://www.liberation.fr/auteur/13090-liberation">
              LIBERATION avec AFP</a> </span> </span> </div>
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<a class="moz-txt-link-freetext" href="http://abonnes.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/18/sur-france-2-emmanuel-macron-se-livre-a-un-exercice-de-communication-en-marchant_5231353_5008430.html">http://abonnes.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/18/sur-france-2-emmanuel-macron-se-livre-a-un-exercice-de-communication-en-marchant_5231353_5008430.html</a><br>
      <div class="copy-paste-block">
        <h1 class="tt2" itemprop="Headline" data-gtm="titre_article">Macron
          s’est livré à un exercice de communication en marchant</h1>
        <p class="txt3 description-article" itemprop="description">Diffusé
          sur France 2, l’entretien enregistré entre le président de la
          République et le journaliste Laurent Delahousse contenait peu
          de surprises sur le fond.</p>
        <p class="bloc_signature"> <span id="publisher"
            itemprop="Publisher" data-source="LE MONDE">LE MONDE</span>
          | <time datetime="2017-12-18T12:00:28+01:00"
            itemprop="datePublished">18.12.2017 à 12h00</time> • Mis à
          jour le
          <time datetime="2017-12-18T17:10:02+01:00"
            itemprop="dateModified">18.12.2017 à 17h10</time> |
          <span class="signature_article">
            Par <span itemprop="author" class="auteur txt2_120"> <a
                class="auteur" target="_blank"
                href="http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/bastien-bonnefous/"
                data-gtm="lien_auteur1">Bastien Bonnefous</a> et <a
                class="auteur" target="_blank"
                href="http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/solenn-de-royer/"
                data-gtm="lien_auteur2">Solenn de Royer</a> </span>
          </span>
        </p>
        <div id="articleBody" class="contenu_article js_article_body"
          itemprop="articleBody">
          <p>Et Emmanuel Macron inventa l’interview… en marchant ! On se
            souvient de François Mitterrand parlant <em>« chébran »</em>
            face à Yves Mourousi les fesses posées sur un coin de table,
            dans l’émission « Ça nous intéresse, Monsieur le
            président ». C’était en avril 1985, sur TF1. Trente-deux ans
            plus tard, dimanche 17 décembre sur France 2, Emmanuel
            Macron a répondu debout aux questions de Laurent Delahousse,
            en déambulant lentement dans le palais de l’Elysée.</p>
          <p>Quarante minutes d’entretien, enregistré mardi 12 décembre
            dans la soirée, durant lesquelles le chef de l’Etat, qui
            avait promis qu’il ne montrerait pas les coulisses (les <em>« cuisines »</em>)
            de son pouvoir, est passé du salon doré – son bureau
            d’apparat au premier étage – au salon vert, puis a descendu
            les marches de l’escalier d’honneur pour quitter son hôte
            dans le hall, sous les lumières bleutées du sapin de Noël
            installé dans la cour de l’Elysée.</p>
          <p>Une opération léchée de communication présidentielle et
            télévisuelle au cours de laquelle M. Macron, se posant comme
            un président déterminé et protecteur mais aussi pédagogue, a
            survolé des dossiers de fond, du climat à l’emploi, en
            passant par les relations franco-américaines ou la Syrie. Il
            a notamment affirmé que la guerre contre l’organisation Etat
            islamique (EI) serait <em>« gagnée d’ici mi, fin février ».</em>
            Après la victoire annoncée contre l’EI, <em>« Bachar </em>[le
            président syrien] <em>sera là, il faudra parler avec lui et
              ses représentants », </em>a précisé M. Macron qui estime
            en même temps qu’Assad <em>« devra répondre de ses crimes
              devant son peuple, devant la justice internationale »</em>.</p>
          <h2 class="intertitre">Monarque républicain</h2>
          <p>Pêle-mêle, le président a répété qu’il faudra <em>« compter
              deux ans » </em>avant d’enregistrer les premiers effets
            de sa politique pour l’emploi, tout en se félicitant d’avoir
            <em>« fait la réforme la plus importante que la France a
              évitée depuis vingt ans » </em>à propos des ordonnances
            modifiant le code du travail. Seule véritable annonce de
            l’entretien, M. Macron souhaite le lancement, <em>« au
              début de l’année prochaine »,</em> d’une <em>« grande
              réflexion sur l’audiovisuel public »</em>, alors que
            France Télévisions traverse une crise majeure, après le vote
            d’une motion de défiance de sa rédaction contre sa
            présidente Delphine Ernotte.</p>
          <p>Sur le plan plus politique, le chef de l’Etat a vanté les
            mérites et le <em>« tempérament »</em> de son ministre de
            la transition écologique, Nicolas Hulot : <em>« Je ne veux
              pas des gens qui soient assis et contents d’être
              ministres. Je veux des gens qui agissent. Lui, il agit, il
              est inquiet, il n’est jamais satisfait. » </em>Il a par
            ailleurs balayé d’une formule les attaques à son encontre du
            nouveau président du parti Les Républicains, Laurent
            Wauquiez : <em>« La haine qu’il a pour votre serviteur, je
              la lui laisse, ça ne fait pas manger les Français. »</em></p>
          <p>M. Macron a évoqué aussi des sujets plus personnels, sept
            mois après son élection qui a <em>« stupéfait le monde »</em>,
            selon lui. On notera au passage que le chef de l’Etat a
            confirmé <em>« dormir peu », </em>qu’il a le temps de
            répondre aux SMS la nuit, qu’il assume <em>« une part
              solitaire dans l’exercice du pouvoir »,</em> qu’il <em>« li</em>[t]<em>
              tout »</em> ce qui s’écrit sur lui et son gouvernement
            mais <em>« commente peu », </em>et qu’il tient ses
            promesses. Pierres subliminales posées dans le jardin de son
            prédécesseur François Hollande, jamais nommé :<em> « Je fais
              ce que j’ai dit, ça faisait peut-être longtemps que ça
              n’était pas arrivé »</em>, a déclaré M. Macron qui a vanté
            son propre <em>« leadership »</em>.</p>
          <h2 class="intertitre">Rompre avec les usages</h2>
          <p>Le chef de l’Etat a raconté aussi qu’il avait <em>« deux
              bureaux » – </em>un rangé, un en désordre – et qu’il
            avait retiré les portraits de ses prédécesseurs, des <em>« présidents
              morts »,</em> qui décoraient l’antichambre du premier
            étage du palais. Après leur restauration, celles-ci seront
            remisées dans une pièce à part de l’Elysée. <em>« Je
              souhaite que les Français prennent un peu de temps en
              famille</em> [à Noël] <em>»,</em> a-t-il conclu.</p>
          <p>Fidèle à sa volonté de rompre avec les usages de « l’ancien
            monde », M. Macron s’est ainsi prêté à un exercice
            télévisuel original, mêlant à la fois tradition et
            nouveauté. D’un côté, le président moderne, qui marche en
            son palais ; de l’autre, le monarque républicain qui, pour <em>« </em>[son]<em>
              peuple » </em>et «<em> </em>[son]<em> pays »</em>, veut
            <em>« retrouver le destin français ».</em> Un jour, un
            destin, en somme.</p>
        </div>
        <span>En savoir plus sur
<a class="moz-txt-link-freetext" href="http://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/18/sur-france-2-emmanuel-macron-se-livre-a-un-exercice-de-communication-en-marchant_5231353_5008430.html#XVcdZFzYeRzULQ02.99">http://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/18/sur-france-2-emmanuel-macron-se-livre-a-un-exercice-de-communication-en-marchant_5231353_5008430.html#XVcdZFzYeRzULQ02.99</a></span></div>
      <br>
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      <br>
      <br>
<a class="moz-txt-link-freetext" href="http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/12/18/nddl-vitesse-immigration-emmanuel-macron-prepare-la-rentree_5231161_823448.html">http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/12/18/nddl-vitesse-immigration-emmanuel-macron-prepare-la-rentree_5231161_823448.html</a><br>
      <div class="copy-paste-block">
        <h1 class="tt2" itemprop="Headline" data-gtm="titre_article">NDDL,
          vitesse, immigration : Emmanuel Macron prépare la rentrée</h1>
        <p class="txt3 description-article" itemprop="description">Le
          gouvernement se réunira début janvier en séminaire pour fixer
          les priorités des trois mois à venir. L’exécutif, qui remonte
          dans les sondages, compte maintenir le rythme des réformes.</p>
        <p class="bloc_signature"> <span id="publisher"
            itemprop="Publisher" data-source="LE MONDE">LE MONDE</span>
          | <time datetime="2017-12-18T06:36:11+01:00"
            itemprop="datePublished">18.12.2017 à 06h36</time> • Mis à
          jour le
          <time datetime="2017-12-18T11:40:11+01:00"
            itemprop="dateModified">18.12.2017 à 11h40</time> |
          <span class="signature_article">
            Par <span itemprop="author" class="auteur txt2_120"> <a
                class="auteur" target="_blank"
                href="http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/solenn-de-royer/"
                data-gtm="lien_auteur1">Solenn de Royer</a> et <a
                class="auteur" target="_blank"
                href="http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/bastien-bonnefous/"
                data-gtm="lien_auteur2">Bastien Bonnefous</a> </span>
          </span>
        </p>
        <div class="toolbar" data-gtm="toolbar1">
          <div class="conteneur_barre_outils">
            <div id="articleBody" class="contenu_article
              js_article_body" itemprop="articleBody"> <a class="reagir
                outil"
href="http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/12/18/nddl-vitesse-immigration-emmanuel-macron-prepare-la-rentree_5231161_823448.html#liste_reactions"><span
                  class="ico"></span><span class="toolbar-label"></span></a>
              <p>Préparer la suite. Après la diffusion d’un entretien
                sur France 2, dimanche soir 17 décembre, et avant de
                partir, vendredi, au Niger à la rencontre des troupes
                françaises de l’opération « Barkhane », Emmanuel Macron
                – qui aura 40 ans jeudi et vient de fêter Noël en
                famille à proximité du château de Chambord – a prévu de
                passer les prochains jours à l’Elysée avec sa garde
                rapprochée pour préparer les vœux et la rentrée de
                janvier. Il doit enchaîner les réunions avec conseillers
                et ministres, et profiter de ces quatre jours
                sédentaires pour visiter une poignée de services de
                l’Elysée, que son épouse Brigitte Macron a déjà tous
                salués.</p>
              <p>Fidèle à cette tradition de la V<sup>e</sup> République,
                M. Macron s’adressera le 31 décembre aux Français. Comme
                ses prédécesseurs en début de quinquennat, le président
                aimerait innover et surprendre mais la forme que prendra
                ce vieux rite adapté aux nouveaux codes de la « start-up
                nation » n’a pas encore été arrêtée. Il y a quelques
                jours, l’Elysée évoquait la possibilité de raccourcir la
                période des vœux présidentiels, qui occupe
                traditionnellement tout le premier mois de l’année.</p>
              <p>Le chef de l’Etat envisageait de les faire tous tenir
                la première semaine de janvier, avant son départ pour la
                Chine, le 8. Mais ce scénario n’est toujours pas validé.
                Seule date arrêtée : les vœux à la presse, le 3 janvier.
                Une pratique jugée désuète par François Hollande, qui
                l’avait abandonnée.</p>
              <blockquote class="citation"><em>« Macron veut réduire le
                  nombre des vœux, regrouper et simplifier, sans
                  négliger personne, </em>résume Christophe Castaner,
                délégué général de La République en marche. <em>Il faut
                  éviter que le président passe un mois à faire des
                  discours dans l’entre-soi ! »</em></blockquote>
              <p>Soucieux de préparer son plan de bataille pour 2018, le
                chef de l’Etat a réuni, il y a quelques jours à
                l’Elysée, les poids lourds de la Macronie pour anticiper
                les temps forts à venir et aborder un certain nombre de
                sujets sensibles, comme le sort de l’aéroport de
                Notre-Dame-des-Landes, qui doit être scellé en janvier.</p>
              <p>Le premier ministre, Edouard Philippe, s’était livré
                fin novembre au même exercice <em>« bilan et
                  perspectives » </em>(selon les mots d’un conseiller)
                en conviant à dîner le « comité de la majorité » composé
                des ténors de LRM, du MoDem et des ministres proches de
                l’Elysée. <em>« L’idée, c’est de continuer au même
                  rythme effréné,</em> explique un ministre. <em>C’est
                  simple, si Macron arrête de marcher, il tombe. »</em></p>
              <h2 class="intertitre">Alignement des planètes</h2>
              <p>Selon nos informations, le gouvernement se réunira en
                séminaire au cours de la première semaine de janvier,
                après le premier conseil des ministres de l’année, le
                mercredi 3. Ce séminaire, qui s’était tenu à Matignon en
                octobre, pourrait avoir lieu cette fois à l’Elysée.
                Objectif : fixer l’agenda des trois prochains mois, qui
                sera largement dominé par le deuxième volet des réformes
                sociales (apprentissage, formation professionnelle,
                assurance chômage) et la réforme de l’action publique. <em>« La
                  réforme de l’Etat est une priorité absolue, ce sera un
                  gros morceau de 2018 », </em>juge un conseiller de
                Matignon.</p>
              <p>D’autres réformes sensibles sont attendues sur l’asile
                et l’immigration (pour durcir la politique
                d’immigration), le logement ou les entreprises
                (participation, intéressement, smic, etc). Les
                arbitrages sur la réforme de la Constitution (réduction
                de nombre de parlementaires, etc.) doivent également
                être rendus en début d’année. Une réunion avec les
                présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat,
                François de Rugy et Gérard Larcher, les ministres Gérard
                Collomb (intérieur) et Nicole Belloubet (justice), se
                tiendra d’ailleurs sur ce sujet mercredi 20 décembre à
                l’Elysée.</p>
              <div class="encart_retrait_gauche"><span class="accroche">« Tous
                  les dossiers chauds qui devaient nous exploser à la
                  figure sont passés sans problème » <br>
                  Un proche du président</span></div>
              <p>En plus de celui sur Notre-Dame-des-Landes, un autre
                arbitrage ultrasensible est attendu pour le début de
                l’année sur la limitation de vitesse à 80 km/heure sur
                les routes nationales. <em>« La rentrée va être très
                  marquée par ce sujet » </em>de sécurité routière,
                anticipe-t-on à Matignon, où l’on sait que cette
                limitation est <em>« très impopulaire »</em>. L’épineux
                dossier des retraites et les sujets bioéthiques seront
                sur le métier plus tard dans l’année, voire début 2019.</p>
              <p>En revanche, Emmanuel Macron souhaite s’emparer dès
                janvier du sujet de la laïcité. Le président, qui a axé
                son début de quinquennat sur les réformes économiques et
                sociales, ne veut pas se voir reprocher de délaisser les
                sujets sociétaux. L’avenir institutionnel de la
                Nouvelle-Calédonie et celui de la Corse seront deux
                autres dossiers de l’année à venir. <em>« On a fait six
                  mois au pas de charge, </em>se félicite un conseiller
                de l’exécutif.<em> On garde le tempo, c’est une clé du
                  succès. Les Français attendent que le président
                  applique son programme. »</em></p>
              <p>Pour l’heure, M. Macron déroule sans encombre son plan
                de réformes. Non seulement le chef de l’Etat remonte
                mois après mois dans les sondages après un décrochage
                brutal durant l’été, mais il ne rencontre guère
                d’opposition susceptible de le faire reculer, notamment
                dans la rue, où les défilés syndicaux n’ont pu empêcher
                la réforme du code du travail par ordonnances. Un
                alignement des planètes qui réjouit l’entourage
                présidentiel.</p>
              <p><em>« Comment va le Château ? Le Château se transforme,
                  et plus vite que prévu ! », </em>s’amuse ainsi un
                conseiller élyséen. <em>« Tous les dossiers chauds qui
                  devaient nous exploser à la figure sont passés sans
                  problème », </em>renchérit un autre proche, qui
                résume, dans un sourire : <em>« On peut le dire, on est
                  très bons ! »</em></p>
              <h2 class="intertitre">« What’s next ? »</h2>
              <p>Si le rythme soutenu des réformes est assumé, il ouvre
                aussi une interrogation pour la suite.<em> « Tout a été
                  lancé, et ça avance très vite, donc il y a un vrai
                  sujet sur la construction de la suite : “what’s
                  next” ? », </em>note le député LRM Gabriel Attal, qui
                observe que cette interrogation commence à mobiliser les
                députés de la majorité. <em>« Qu’est-ce qui va se
                  passer après ?, </em>appuie un haut fonctionnaire. <em>Il
                  y a tellement de chantiers ouverts et de réformes vite
                  exécutées que le gouvernement ne pourra pas se
                  contenter de gérer jusqu’en 2022. »</em></p>
              <p>Au sommet de l’Etat, on reconnaît que le projet
                présidentiel cimente pour l’instant la majorité. <em>« Il
                  faudra trouver un autre ciment pour la deuxième partie
                  du quinquennat, peut-être la préparation de la
                  réélection d’Emmanuel Macron », </em>indique un
                conseiller. <em>« On réussit à piloter à trois mois
                  alors que Jean-Marc Ayrault ne pilotait pas à un jour,
                  c’est déjà pas mal », </em>ironise un autre
                conseiller de l’exécutif, pour qui cette question de la
                seconde partie du quinquennat est prématurée.</p>
            </div>
          </div>
        </div>
        <span>En savoir plus sur
<a class="moz-txt-link-freetext" href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/12/18/nddl-vitesse-immigration-emmanuel-macron-prepare-la-rentree_5231161_823448.html#hb0Qxze2Cz6tLyau.99">http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/12/18/nddl-vitesse-immigration-emmanuel-macron-prepare-la-rentree_5231161_823448.html#hb0Qxze2Cz6tLyau.99</a></span></div>
      <br>
      <br>
      <br>
      <br>
<a class="moz-txt-link-freetext" href="http://abonnes.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-interview-d-emmanuel-macron-sur-france-2_5231119_5008430.html">http://abonnes.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-interview-d-emmanuel-macron-sur-france-2_5231119_5008430.html</a><br>
      <div class="copy-paste-block">
        <h1 class="tt2" itemprop="Headline" data-gtm="titre_article">Climat,
          Syrie, chômage... les principales annonces de Macron sur
          France 2</h1>
        <p class="txt3 description-article" itemprop="description">Le
          président de la République, Emmanuel Macron, a répondu aux
          questions de Laurent Delahousse dans un entretien diffusé
          dimanche soir.</p>
        <p class="bloc_signature"> <span id="publisher"
            itemprop="Publisher" data-source="Le Monde.fr avec AFP">Le
            Monde.fr avec AFP</span> | <time
            datetime="2017-12-17T21:06:19+01:00"
            itemprop="datePublished">17.12.2017 à 21h06</time> • Mis à
          jour le
          <time datetime="2017-12-18T08:09:49+01:00"
            itemprop="dateModified">18.12.2017 à 08h09</time> </p>
        <div class="toolbar" data-gtm="toolbar1">
          <div class="conteneur_barre_outils">
            <div id="articleBody" class="contenu_article
              js_article_body" itemprop="articleBody"> <a class="reagir
                outil"
href="http://abonnes.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-interview-d-emmanuel-macron-sur-france-2_5231119_5008430.html#liste_reactions"><span
                  class="ico"></span><span class="toolbar-label"></span></a>
              <p>Diplomatie, climat, audiovisuel public… Le président de
                la République, Emmanuel Macron, a répondu aux questions
                de Laurent Delahousse dans un entretien diffusé sur
                France 2, dimanche 17 décembre.</p>
              <p>Durant cette interview, enregistrée en marge du sommet
                dédié à la lutte contre le réchauffement climatique à
                Paris, le chef de l’Etat a notamment annoncé que la
                guerre contre l’organisation Etat islamique (EI) en
                Syrie serait <em>« gagnée d’ici mi, fin février »</em>.</p>
              <ul>
                <li><strong>La guerre contre l’organisation Etat
                    islamique en Syrie <em>« gagnée d’ici mi, fin
                      février » </em></strong></li>
              </ul>
              <p>Interrogé sur la Syrie, M. Macron a affirmé que la
                guerre contre l’organisation djihadiste serait <em>« gagnée
                  d’ici mi, fin février »</em>. Il a ensuite évoqué le
                cas du président syrien, Bachar Al-Assad. Pour le chef
                de l’Etat, <em>« la priorité c’est l’extermination de
                  Daech </em>(acronyme arabe de l’EI)<em> avant Bachar
                  Al-Assad »</em>. Après la victoire contre l’EI, <em>« Bachar
                  sera là</em>, a-t-il poursuivi. <em>Il faudra parler
                  avec lui et ses représentants. » </em></p>
              <blockquote class="citation">« Dans le processus que la
                France souhaite voir émerger en début d’année prochaine,
                il y aura des représentants de Bachar mais je souhaite
                aussi et surtout qu’il y ait des représentants de toutes
                les oppositions, y compris de ceux qui ont quitté la
                Syrie pour leur sécurité à cause de Bachar et non de
                Daech. »</blockquote>
              <p>Mais pour M. Macron, le président syrien <em>« devra
                  répondre de ses crimes devant son peuple, devant la
                  justice internationale »</em>.</p>
              <ul>
                <li><strong>Chômage : Macron attend des résultats « dans
                    deux ans » </strong></li>
              </ul>
              <p>Pour le chef de l’Etat, <em>« les décisions que nous
                  avons prises n’ont pas d’impact immédiat, il faut
                  compter deux ans »</em>. <em>« Sur le chômage, j’ai
                  pris mes responsabilités, j’ai fait la réforme la plus
                  importante que la France a évitée depuis vingt ans »</em>,
                a-t-il poursuivi en évoquant la réforme du code du
                travail.</p>
              <blockquote class="citation">« On fait également
                10 milliards de baisses de fiscalité pour les
                entreprises et les ménages. Il faut lancer les réformes
                dès le début du mandat pour ensuite avoir des
                résultats. »</blockquote>
              <p>Il a également rappelé le lancement d’une réforme <em>« très
                  importante »</em> et <em>« complémentaire »</em>,
                celle de la formation professionnelle, l’apprentissage
                et l’assurance chômage, qui conduira à des textes <em>« votés
                  au printemps »</em> et <em>« donc une application à
                  l’été-automne 2018 »</em>.</p>
              <ul>
                <li>
                  <p><strong>Macron n’est « pas un activiste du climat
                      depuis des décennies »</strong></p>
                </li>
              </ul>
              <p>M. Macron l’a reconnu dimanche soir, il n’est <em>« pas
                  un activiste du climat depuis des décennies »</em>. <em>« Il
                  y a des gens qui m’ont convaincu, le glyphosate par
                  exemple. J’ai lu, j’ai écouté, j’ai appris</em>,
                a-t-il expliqué. <em>Je suis convaincu qu’on peut avoir
                  un dynamisme économique et une exigence écologique. »
                </em></p>
              <p>M. Macron a ensuite rappelé qu’il souhaite <em>« fermer
                  durant ce quinquennat toutes les centrales thermiques
                  et à charbon »</em>. Le chef de l’Etat a enfin défendu
                l’énergie nucléaire.</p>
              <blockquote class="citation">« Ce n’est pas mauvais pour
                les émissions de CO2, c’est même la meilleure manière
                décarbonée de faire de l’électricité, mais ça fait peur.
                Il faut choisir ses batailles, ma priorité c’est les
                émissions de CO2. Si je ferme demain une centrale
                nucléaire en plus, ce n’est pas vrai que je peux la
                remplacer par du renouvelable. »</blockquote>
              <ul>
                <li><strong>Pour Macron, Nicolas Hulot <em>« a son
                      tempérament »</em> mais <em>« apprend »</em></strong></li>
              </ul>
              <p>Durant cette interview, le président de la République a
                évoqué le cas de son ministre de la transition
                écologique et solidaire, Nicolas Hulot, qui a été
                malmené dans certains dossiers (le traité de
                libre-échange entre l’Union européenne et le Canada
                (CETA), le glyphosate ou la question du nucléaire).</p>
              <p>Pour M. Macron, l’écologiste <em>« a son tempérament »</em>
                mais <em>« apprend les contraintes »</em> du pouvoir. <em>« On
                  est tous les jours les mains dans la glaise et ça ne
                  peut pas être parfait du jour au lendemain, </em>a-t-il
                poursuivi<em>. Mais c’est un inquiet. C’est pour ça que
                  je l’ai choisi, parce que j’ai besoin de gens qui
                  vivent dans le creux de leur ventre la nécessité de
                  changer, de prendre des décisions, d’aller les
                  expliquer et de faire. »</em></p>
              <blockquote class="citation">« Je ne veux pas des gens qui
                soient assis et contents d’être ministres. Je veux des
                gens qui agissent. Lui, il agit, il est inquiet, il
                n’est jamais satisfait. »</blockquote>
              <ul>
                <li><strong>Le chef de l’Etat souhaite <em>« une grande
                      réflexion sur l’audiovisuel public »</em> début
                    2018 </strong></li>
              </ul>
              <p>Alors que la crise se poursuit à France Télévisions, où
                la présidente, Delphine Ernotte, a fait l’objet d’une
                motion de défiance votée par les journalistes, Emmanuel
                Macron a annoncé dimanche soir qu’il souhaitait qu’une <em>« grande
                  réflexion sur l’audiovisuel public » </em>soit lancée
                <em>« au début de l’année prochaine »</em>.</p>
              <blockquote class="citation">« Il faut regarder comment
                les usages sont en train de se transformer. Les plus
                jeunes regardent de moins en moins la télévision. Ils
                vont la regarder sur leur smartphone, sur leur tablette.
                (…) On doit reposer les bases. »</blockquote>
            </div>
          </div>
        </div>
        <span>En savoir plus sur
<a class="moz-txt-link-freetext" href="http://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-interview-d-emmanuel-macron-sur-france-2_5231119_5008430.html#DBMLdeSf04JbVTbd.99">http://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/12/17/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-interview-d-emmanuel-macron-sur-france-2_5231119_5008430.html#DBMLdeSf04JbVTbd.99</a></span></div>
      <br>
      <br>
      <br>
      <br>
<a class="moz-txt-link-freetext" href="http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/12/16/macron-le-drh-de-la-republique_5230732_823448.html">http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/12/16/macron-le-drh-de-la-republique_5230732_823448.html</a><br>
      <div class="copy-paste-block">
        <h1 class="tt2" itemprop="Headline" data-gtm="titre_article">Comment
          Emmanuel Macron se comporte en « DRH » de la République</h1>
        <p class="txt3 description-article" itemprop="description">Depuis
          son arrivée à l’Elysée, le chef de l’Etat court-circuite les
          ministres en recevant avant leur nomination les futurs
          directeurs d’administration centrale, en tête-à-tête.</p>
        <p class="bloc_signature"> <span id="publisher"
            itemprop="Publisher" data-source="LE MONDE">LE MONDE</span>
          | <time datetime="2017-12-16T10:19:44+01:00"
            itemprop="datePublished">16.12.2017 à 10h19</time> • Mis à
          jour le
          <time datetime="2017-12-17T07:23:13+01:00"
            itemprop="dateModified">17.12.2017 à 07h23</time> |
          <span class="signature_article">
            Par <span itemprop="author" class="auteur txt2_120"> <a
                class="auteur" target="_blank"
                href="http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/solenn-de-royer/"
                data-gtm="lien_auteur1">Solenn de Royer</a> et <a
                class="auteur" target="_blank"
                href="http://abonnes.lemonde.fr/journaliste/bastien-bonnefous/"
                data-gtm="lien_auteur2">Bastien Bonnefous</a> </span>
          </span>
        </p>
        <div class="toolbar" data-gtm="toolbar1">
          <div class="conteneur_barre_outils">
            <div id="articleBody" class="contenu_article
              js_article_body" itemprop="articleBody"> <a class="reagir
                outil"
href="http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/12/16/macron-le-drh-de-la-republique_5230732_823448.html#liste_reactions"><span
                  class="ico"></span><span class="toolbar-label"></span></a>
              <p>Des rendez-vous très discrets, qui ne figurent jamais à
                l’agenda officiel. Depuis six mois, Emmanuel Macron
                reçoit dans son bureau à l’Elysée les directeurs
                d’administration centrale, juste avant leur nomination
                en conseil des ministres. Pratique inhabituelle, si ce
                n’est inédite, sous la V<sup>e</sup> République, le chef
                de l’Etat voit les intéressés en tête-à-tête, pour les
                jauger et leur donner leur feuille de route.</p>
              <p>Ces derniers mois, le président de la République a reçu
                les trois nouveaux directeurs d’administration centrale
                du ministère de la justice : Rémy Heitz, directeur des
                affaires criminelles et des grâces, Stéphane Bredin,
                directeur de l’administration pénitentiaire, et Peimane
                Ghaleh-Marzban, directeur des services judiciaires.</p>
              <p>Il a convié également le nouveau directeur de la
                législation fiscale (DLF) de Bercy, Christophe Pourreau.
                Ou encore le directeur général de la police nationale,
                Eric Morvan, et le directeur général de la sécurité
                intérieure, Laurent Nunez. Une liste non exhaustive,
                tant la pratique est devenue systématique et témoigne de
                l’exercice du pouvoir du nouveau chef de l’Etat.</p>
              <p>Les futurs nominés sont priés de se plier à la nouvelle
                règle. <em>« Ce n’est pas un rendez-vous de courtoisie
                  pour faire connaissance », </em>raconte un directeur,
                qui a été reçu pendant une demi-heure pour un entretien
                <em>« très dense.</em> <em>J’ai été impressionné par la
                  manière dont le président prépare les entretiens</em>.
                <em>Il avait lu ma lettre de candidature et avait des
                  questions et des interrogations très précises. J’avais
                  été reçu auparavant par le premier ministre puisqu’il
                  ne serait pas logique que je voie le président sans
                  voir le premier ministre. »</em></p>
              <h2 class="intertitre">« Il y a toujours eu une barrière
                invisible »</h2>
              <p>Certes, les impétrants restent généralement
                présélectionnés par les ministères concernés, puis
                passés au crible d’un comité de hauts fonctionnaires
                sous l’autorité de Matignon. Mais ces rendez-vous
                ultimes de validation à l’Elysée se font sans la
                présence du ministre de tutelle, au risque de fragiliser
                l’autorité de ces derniers, qui se voient
                court-circuités par l’échelon présidentiel.</p>
              <blockquote class="citation"><em>« Dans la tradition
                  républicaine, le président ne convoque jamais les
                  hauts fonctionnaires car c’est aux ministres de rendre
                  des comptes devant le Parlement, </em>rappelle
                l’historien Nicolas Roussellier, auteur de <em>La force
                  de gouverner</em> (Gallimard, 2015). <em>S’il a une
                  quelconque influence sur un haut fonctionnaire, il
                  rompt avec la vieille idée de souveraineté
                  nationale. » </em></blockquote>
              <p>M. Roussellier évoque toutefois un précédent. Pendant
                la première guerre mondiale. Raymond Poincaré, qui
                estimait que le ministre de la guerre lui cachait ce qui
                n’allait pas, avait rompu l’usage et convoqué
                directement les directeurs d’administration, pour
                s’informer. Mais <em>« hors périodes exceptionnelles,</em>
                souligne ce professeur à Sciences Po,<em> il y a
                  toujours eu une barrière invisible entre les élus de
                  la nation et la haute administration, censée être
                  impartiale »</em>.</p>
              <p>Dans le milieu des hauts fonctionnaires, cette nouvelle
                pratique fait réagir. <em>« On n’a jamais vu ça ! Si
                  Macron contourne les ministres, l’ordre républicain
                  n’est plus respecté, </em>s’indigne un commis de
                l’Etat formé à l’ENA. <em>L’administration n’est pas
                  supposée être en rapport direct avec le président.
                  Elle est sous l’autorité des ministres. »</em> Pour ce
                responsable, qui comme tout haut fonctionnaire ne peut
                pas témoigner à visage découvert, la méthode Macron pose
                <em>« un sujet politique et un sujet managérial. Ça va
                  loin : non seulement le président nomme des ministres
                  experts au gouvernement, mais en plus il les
                  court-circuite. C’est le triomphe de la
                  technocratie ! »</em></p>
              <p>Pour l’ancien ministre de l’intérieur de Jacques Chirac
                et ex-président du Conseil constitutionnel Jean-Louis
                Debré, <em>« c’est mettre les ministres dans une
                  situation impossible, en minant leur autorité » </em>d’emblée.
                <em>« Je ne l’aurais pas accepté »,</em> poursuit-il.</p>
              <h2 class="intertitre">« L’état d’esprit a changé »</h2>
              <p>A l’Elysée, ce nouveau fonctionnement est totalement
                assumé au nom de l’efficacité et de la volonté
                réformatrice tous azimuts du chef de l’Etat. L’énarque
                Emmanuel Macron, qui a connu à la fois l’Inspection des
                finances et la banque privée, sait que le véritable
                pouvoir d’exécution en France se situe au niveau de
                l’administration, qu’il entend donc contrôler
                étroitement.</p>
              <p>Si la valse des directeurs d’administration centrale
                annoncée, le fameux <em>spoil system</em> à
                l’américaine, n’a pas vraiment eu lieu à cette heure,
                les responsables en place sont clairement mis sous
                pression.</p>
              <blockquote class="citation"><em>« L’état d’esprit a
                  changé,</em> reconnaît un conseiller de l’Elysée. <em>Les
                  directeurs d’administration centrale sont tenus avec
                  des rênes courtes. Ils doivent être en accord avec la
                  feuille de route présidentielle et gouvernementale.
                  Chacun doit assumer ses responsabilités. »</em></blockquote>
              <p>Au gouvernement, les ministres concernés ne pipent mot.
                Mieux, au ministère de l’économie et des finances, on ne
                voit aucun inconvénient à ce que le président ait
                auditionné le directeur de la législation fiscale sans
                Bruno Le Maire, qui s’était pourtant impliqué dans la
                nomination de son ex-conseiller fiscal. <em>« Il n’y a
                  rien de choquant à ce que le président voit le DLF, il
                  fait partie des plus hauts fonctionnaires,</em>
                explique-t-on dans l’entourage du ministre. <em>Et vu
                  l’agenda surbooké du ministre, heureusement qu’il
                  n’accompagne pas les directeurs du ministère à chaque
                  entretien avec le président ! »</em></p>
              <h2 class="intertitre">« Un PDG se mettrait toute
                l’entreprise à dos ! »</h2>
              <p>Dans la technocratie, certains hauts fonctionnaires
                jugent positivement cette nouvelle pratique, ravis de
                sortir enfin de l’ombre et d’être directement associés à
                la décision politique. Une puissance nouvelle, accentuée
                par la baisse du nombre de conseillers techniques dans
                les cabinets ministériels.</p>
              <blockquote class="citation"><em>« Les directeurs
                  d’administration centrale sont dans la satisfaction
                  d’approcher le soleil et le vrai pouvoir, même si
                  certains sont aussi dans la crainte de prendre les
                  responsabilités qui vont avec. Jusqu’à présent, ils
                  avaient l’influence de la technique et la sérénité de
                  la durée, c’était plus confortable mais moins
                  flatteur », </em>sourit un connaisseur avisé de la
                haute fonction publique.</blockquote>
              <p>Cette mainmise de la présidence participe pleinement de
                l’hyper-concentration du pouvoir sous l’ère Macron. <em>« On
                  a eu rarement un président à ce point centralisateur,
                  au carrefour de la mise en place des politiques
                  publiques, </em>estime un ancien ministre.<em> C’est
                  lui qui domine tout. »</em> Une tendance naturelle
                chez le nouveau chef de l’Etat qui tranche avec les
                pratiques en la matière de ses prédécesseurs.</p>
              <p>Si François Hollande s’occupait peu des nominations des
                directeurs d’administration centrale (<em>« il faisait
                  confiance à ses ministres »</em>, selon un
                ex-conseiller), Nicolas Sarkozy, en revanche, aurait
                rêvé être en prise directe avec la haute fonction
                publique. Mais l’ancien président n’a jamais osé aller
                aussi loin que M. Macron. <em>« Il avait très envie de
                  recevoir lui-même les DAC mais beaucoup de gens lui
                  ont expliqué que cela ne se faisait pas »,</em>
                confirme son ancienne directrice de cabinet à l’Elysée,
                Emmanuelle Mignon, pour qui cette méthode demeure <em>« transgressive ».</em></p>
              <p><em>« Il faut imaginer la même chose dans une
                  entreprise,</em> illustre cette conseillère d’Etat
                aujourd’hui avocate dans un grand cabinet privé. <em>En
                  recevant directement un collaborateur, sans la
                  présence de son chef direct, un PDG se mettrait toute
                  l’entreprise à dos ! »</em> Mais pour M<sup>me </sup>Mignon,
                cette pratique reste sans doute l’un des seuls moyens de
                lutter contre les pesanteurs de l’administration.</p>
              <p><em>« Macron connaît l’administration par cœur, c’est
                  son monde,</em> poursuit-elle. <em>Sarkozy l’aurait
                  d’autant moins fait que ce n’était pas son monde. »
                  « Macron est aussi transgressif que Sarkozy, mais
                  comme il présente mieux, ça passe,</em> ajoute un
                autre ancien conseiller élyséen. <em>En fait, avec lui,
                  tout passe, c’est assez incroyable. » </em></p>
              <h2 class="intertitre">Devoir tout assumer, y compris les
                ratés</h2>
              <p>Pour les partisans de M. Macron, ces méthodes de
                management traduisent l’évolution naturelle des
                institutions et le rôle central dévolu au président de
                la République. <em>« Le pouvoir se concentre de plus en
                  plus à l’Elysée, qui devient l’équivalent de la Maison
                  Blanche américaine »,</em> explique un haut
                fonctionnaire.</p>
              <p>Mais le député Nouvelle Gauche Boris Vallaud, ancien
                secrétaire général adjoint de l’Elysée sous le
                quinquennat Hollande, s’inquiète d’un système qui <em>« crée
                  des allégeances personnelles entre des hauts
                  fonctionnaires et un président tout-puissant qui leur
                  dit “c’est à moi que vous devez rendre des comptes” »</em>.
                Or, appuie un ancien ministre socialiste, <em>« une
                  bonne administration est celle qui décline l’action
                  des ministères, pas celle qui la décide à leur
                  place ».</em> <em>« Macron applique à l’ensemble du
                  gouvernement la méthode Bercy, où le directeur du
                  Trésor est souvent plus puissant que le ministre de
                  l’économie et des finances »,</em> ajoute ce
                responsable.</p>
              <p>L’agenda présidentiel étant très chargé, il n’est pas
                toujours facile de trouver une date pour le grand oral
                avec tel ou tel impétrant. Ce qui retarde parfois des
                nominations. A tout centraliser, le chef de l’Etat prend
                aussi le risque à terme de devoir tout assumer, y
                compris les ratés. De fusibles pratiques pour le
                pouvoir, les hauts commis de l’Etat pourraient alors se
                transformer en boomerangs.</p>
              <p><em>« Comme Macron nomme directement les gens, le jour
                  où il y a un problème et où il faut désigner un
                  responsable, on désigne qui ? Le fonctionnaire ? Ou
                  celui qui l’a nommé, le président ?,</em> s’interroge
                cet ancien ministre du précédent quinquennat.<em>
                  Jusqu’à présent, tout le management de Macron repose
                  sur la martingale de la victoire, mais si un jour il
                  trébuche, tout peut exploser. »</em></p>
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        <span>En savoir plus sur
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        relations avec la presse pour la FSU<br>
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