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   gouvernement est dXXXXXviter _ _un dXXbat sur la rXXpartition des fruits du
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  _Réforme des retraites : _


  _« La volonté cachée du gouvernement est d’éviter _


  _un débat sur la répartition des fruits du travail »_



/Obsédé par son défi de « start-up nation », Emmanuel Macron poursuit 
comme unique objectif de faire baisser la part des retraites dans le 
PIB, estiment l’ingénieure Christiane Marty et l’économiste Jean-Marie 
Harribey dans une tribune au « Monde »./

LE MONDE ECONOMIE | 23.06.2018 à 11h00 Par Jean-Marie Harribey 
(Coprésident du conseil scientifique d’Attac)

*[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la 
réforme des retraites, quatre économistes, dont Jean-Marie Harribey, 
analysent la situation.]*

*Tribune.*Le gouvernement s’apprête à réformer les retraites. Les 
réformes précédentes n’ont-elles pas atteint leur objectif ? Le cumul 
des mesures (allongement continu de la durée de cotisation, report à 62 
ans de l’âge de départ, calcul des pensions sur la base des 25 
meilleures années de salaire, indexation sur les prix et non plus sur 
les salaires…) a limité le déficit global des caisses de retraites au 
prix d’une baisse inexorable, à l’avenir, du niveau des pensions.

Le haut-commissaire chargé par le gouvernement de préparer la réforme, 
Jean-Paul Delevoye, vient d’adresser aux syndicats un document de 
travail qui montre qu’en croisant les deux critères que sont le niveau 
relatif des pensions par rapport aux salaires des actifs et la part de 
solidarité du système, la France est à la meilleure place de tous les 
pays de l’OCDE. Alors pourquoi cette réforme ?

La réponse est contenue dans les rapports du conseil d’orientation des 
retraites (COR) de 2017. Le système de retraite représente 14 % du 
produit intérieur brut annuel. Ce qui est jugé trop élevé. Il faut 
diminuer cette part au nom de la baisse des dépenses publiques et 
sociales. Comme les réformes paramétriques précédentes ne sont pas 
parvenues à réduire cette part, le stratagème consiste à ouvrir une 
réforme « structurelle ». C’est là que le cynisme confine avec l’absurdité.


    _Il s’agit de mettre à bas le système actuel de retraite_

Puisque les pensions sont désindexées de l’évolution des salaires, plus 
la croissance économique est forte (et donc, normalement, plus les 
salaires augmentent), plus les pensions seront déconnectées et 
représenteront une part plus faible dans le produit intérieur brut 
(PIB). Ainsi, d’après le COR, si la croissance économique est en moyenne 
de 1,8 % par an pendant le prochain demi-siècle, la part des pensions 
baissera de 14 % à 11,7 %. Mais si la croissance n’est que de 1 % en 
moyenne, la part des pensions dans le PIB montera jusqu’à 14,5 %. Or, 
les prévisions parlent d’une croissance très modérée. Donc, il s’agit de 
mettre à bas le système actuel de retraite.

Comment ? En le remplaçant soit par un système par points, soit par un 
système dit par comptes notionnels. Leur élément commun est d’en finir 
avec la durée de cotisation et son montant connu à l’avance, l’âge de la 
retraite et un taux de remplacement (pension par rapport au salaire) 
garanti. Rappelons que, jusqu’à la réforme de 1993, les cotisations 
étaient définies à l’avance, avec au final un taux de remplacement 
d’environ 75 % pour les carrières complètes, régimes spéciaux inclus. Le 
président Macron a promis qu’un euro de cotisation donnerait le même 
droit à tous, et qu’ainsi il n’y aurait plus d’inégalités ni de 
déficits. C’est doublement faux.

Un système par comptes notionnels, comme en Suède, fera intervenir 
l’espérance de vie dans le calcul de la pension : plus vous partirez tôt 
en retraite, plus celle-ci sera faible. Or, les personnes qui ont des 
faibles salaires, les travaux les plus pénibles ou les emplois les plus 
précaires seront incitées à travailler le plus longtemps possible, au 
risque de mourir prématurément. En rattachant strictement la pension 
avec la cotisation, on renforce la contributivité et on restreint, voire 
on élimine, la part de solidarité.

Comme les femmes en sont les principales bénéficiaires, on entrevoit 
déjà le risque de double peine pour elles qui sont moins payées et 
subissent les temps partiels. Les retours de l’expérience suédoise sont 
d’ailleurs éloquents : le système se révèle inégalitaire, pénalise les 
femmes et les travailleurs aux carrières heurtées et comme le note 
l’ex-premier ministre/, « il donne des pensions trop basses »/…

La seconde erreur – ou mensonge – est de laisser croire qu’un système 
par points ou par comptes notionnels échappe aux contraintes 
démographiques et économiques. Mais c’est absolument faux : aucun 
miracle n’est à attendre d’un système face à un vieillissement de la 
population ou à une récession économique. Car tout système de retraite 
(même par capitalisation) ne peut que répartir la richesse produite par 
la population active. Il s’ensuit que toute société a le devoir de 
veiller à chaque instant à la meilleure répartition des revenus entre 
les divers besoins sociaux.


    _Trois pistes progressistes_

On comprend la volonté cachée du gouvernement : baisser la part des 
pensions, éviter un débat sur la répartition du fruit du travail, 
retirer du système de retraites les dispositifs de solidarité et faire 
la place à la capitalisation. Déjà ressortent les propositions pour des 
fonds de pension ou l’épargne-retraite.

Le débat qui s’annonce sera rude, tellement le président veut faire de 
la France une « start-up nation ». Pourtant, à l’opposé de son projet de 
retraites, des possibilités d’amélioration progressiste existent. Trois 
pistes pourraient être ouvertes. D’abord, unifier par le haut les 
différents régimes en fixant un taux de remplacement minimum, allant en 
décroissant depuis le smic jusqu’à « x fois » le plafond de la Sécurité 
sociale. Ensuite, augmenter progressivement le taux de cotisation 
vieillesse pour suivre l’évolution démographique ; et mieux, élargir 
l’assiette des cotisations pour y inclure la fraction des profits qui 
n’est pas investie mais distribuée.

Enfin, pour avoir un bon système de retraite et, au-delà, une bonne 
protection sociale, l’emploi doit redevenir une priorité absolue, et 
cela d’autant plus qu’on ne peut plus miser sur la croissance 
économique, compte tenu de l’impératif écologique. On touche là 
l’imbrication des problèmes : une politique répondant aux besoins 
sociaux d’avenir est incompatible avec une politique en faveur de la 
finance.

*Jean-Marie Harribey*et *Christiane Marty*sont les coauteurs de 
« Retraites, l’alternative cachée » (Syllepse, 2013).



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    <p> </p>
    <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"><br>
    </p>
    <h1 class="western" style="margin-top: 0cm; margin-bottom: 0cm;
      font-style: normal; font-weight: normal" align="center"> <font
        face="Palatino Linotype, serif"><font style="font-size: 20pt"
          size="5"><u>Réforme des retraites : </u></font></font> </h1>
    <h1 class="western" style="margin-top: 0cm; margin-bottom: 0cm;
      font-style: normal; font-weight: normal" align="center"> <font
        face="Palatino Linotype, serif"><font style="font-size: 20pt"
          size="5"><u>« La volonté cachée du gouvernement est d’éviter </u></font></font>
    </h1>
    <h1 class="western" style="margin-top: 0cm; margin-bottom: 0cm;
      font-style: normal; font-weight: normal" align="center"> <font
        face="Palatino Linotype, serif"><font style="font-size: 20pt"
          size="5"><u>un débat sur la répartition des fruits du
            travail »</u></font></font></h1>
    <p><br>
      <br>
    </p>
    <p><font face="Palatino Linotype, serif"><font style="font-size:
          14pt" size="4"><i>Obsédé par son défi de « start-up nation »,
            Emmanuel Macron poursuit comme unique objectif de faire
            baisser la part des retraites dans le PIB, estiment
            l’ingénieure Christiane Marty et l’économiste Jean-Marie
            Harribey dans une tribune au « Monde ».</i></font></font></p>
    <p><a name="publisher"></a><font face="Palatino Linotype, serif"><font
          style="font-size: 10pt" size="2">LE MONDE ECONOMIE | </font></font><font
        face="Palatino Linotype, serif"><font style="font-size: 10pt"
          size="2"> <time datetime="2018-06-23T11:00:28+02:00"
            itemprop="datePublished">23.06.2018 à 11h00  </time>Par
          Jean-Marie Harribey (Coprésident du conseil scientifique
          d’Attac) </font> </font> </p>
    <div id="articleBody" dir="ltr">
      <p><strong><font face="Palatino Linotype, serif">[Alors que le
            gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme
            des retraites, quatre économistes, dont Jean-Marie Harribey,
            analysent la situation.]</font></strong></p>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><strong><font face="Palatino
            Linotype, serif">Tribune.</font></strong><font
          face="Palatino Linotype, serif"> Le gouvernement s’apprête à
          réformer les retraites. Les réformes précédentes n’ont-elles
          pas atteint leur objectif ? Le cumul des mesures (allongement
          continu de la durée de cotisation, report à 62 ans de l’âge de
          départ, calcul des pensions sur la base des 25 meilleures
          années de salaire, indexation sur les prix et non plus sur les
          salaires…) a limité le déficit global des caisses de retraites
          au prix d’une baisse inexorable, à l’avenir, du niveau des
          pensions.</font></p>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Palatino Linotype,
          serif">Le haut-commissaire chargé par le gouvernement de
          préparer la réforme, Jean-Paul Delevoye, vient d’adresser aux
          syndicats un document de travail qui montre qu’en croisant les
          deux critères que sont le niveau relatif des pensions par
          rapport aux salaires des actifs et la part de solidarité du
          système, la France est à la meilleure place de tous les pays
          de l’OCDE. Alors pourquoi cette réforme ?</font></p>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Palatino Linotype,
          serif">La réponse est contenue dans les rapports du conseil
          d’orientation des retraites (COR) de 2017. Le système de
          retraite représente 14 % du produit intérieur brut annuel. Ce
          qui est jugé trop élevé. Il faut diminuer cette part au nom de
          la baisse des dépenses publiques et sociales. Comme les
          réformes paramétriques précédentes ne sont pas parvenues à
          réduire cette part, le stratagème consiste à ouvrir une
          réforme « structurelle ». C’est là que le cynisme confine avec
          l’absurdité.</font></p>
      <h2 class="western" style="margin-top: 0cm; margin-bottom: 0cm;
        font-weight: normal"> <u><font face="Palatino Linotype, serif"><font
              style="font-size: 14pt" size="4">Il s’agit de mettre à bas
              le système actuel de retraite</font></font></u></h2>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Palatino Linotype,
          serif">Puisque les pensions sont désindexées de l’évolution
          des salaires, plus la croissance économique est forte (et
          donc, normalement, plus les salaires augmentent), plus les
          pensions seront déconnectées et représenteront une part plus
          faible dans le produit intérieur brut (PIB). Ainsi, d’après le
          COR, si la croissance économique est en moyenne de 1,8 % par
          an pendant le prochain demi-siècle, la part des pensions
          baissera de 14 % à 11,7 %. Mais si la croissance n’est que de
          1 % en moyenne, la part des pensions dans le PIB montera
          jusqu’à 14,5 %. Or, les prévisions parlent d’une croissance
          très modérée. Donc, il s’agit de mettre à bas le système
          actuel de retraite.</font></p>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Palatino Linotype,
          serif">Comment ? En le remplaçant soit par un système par
          points, soit par un système dit par comptes notionnels. Leur
          élément commun est d’en finir avec la durée de cotisation et
          son montant connu à l’avance, l’âge de la retraite et un taux
          de remplacement (pension par rapport au salaire) garanti.
          Rappelons que, jusqu’à la réforme de 1993, les cotisations
          étaient définies à l’avance, avec au final un taux de
          remplacement d’environ 75 % pour les carrières complètes,
          régimes spéciaux inclus. Le président Macron a promis qu’un
          euro de cotisation donnerait le même droit à tous, et qu’ainsi
          il n’y aurait plus d’inégalités ni de déficits. C’est
          doublement faux.</font></p>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Palatino Linotype,
          serif">Un système par comptes notionnels, comme en Suède, fera
          intervenir l’espérance de vie dans le calcul de la pension :
          plus vous partirez tôt en retraite, plus celle-ci sera faible.
          Or, les personnes qui ont des faibles salaires, les travaux
          les plus pénibles ou les emplois les plus précaires seront
          incitées à travailler le plus longtemps possible, au risque de
          mourir prématurément. En rattachant strictement la pension
          avec la cotisation, on renforce la contributivité et on
          restreint, voire on élimine, la part de solidarité.</font></p>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Palatino Linotype,
          serif">Comme les femmes en sont les principales bénéficiaires,
          on entrevoit déjà le risque de double peine pour elles qui
          sont moins payées et subissent les temps partiels. Les retours
          de l’expérience suédoise sont d’ailleurs éloquents : le
          système se révèle inégalitaire, pénalise les femmes et les
          travailleurs aux carrières heurtées et comme le note
          l’ex-premier ministre</font><em><font face="Palatino Linotype,
            serif">, « il donne des pensions trop basses »</font></em><font
          face="Palatino Linotype, serif">…</font></p>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Palatino Linotype,
          serif">La seconde erreur – ou mensonge – est de laisser croire
          qu’un système par points ou par comptes notionnels échappe aux
          contraintes démographiques et économiques. Mais c’est
          absolument faux : aucun miracle n’est à attendre d’un système
          face à un vieillissement de la population ou à une récession
          économique. Car tout système de retraite (même par
          capitalisation) ne peut que répartir la richesse produite par
          la population active. Il s’ensuit que toute société a le
          devoir de veiller à chaque instant à la meilleure répartition
          des revenus entre les divers besoins sociaux.</font></p>
      <h2 class="western" style="margin-top: 0cm; margin-bottom: 0cm;
        font-weight: normal"> <u><font face="Palatino Linotype, serif"><font
              style="font-size: 14pt" size="4">Trois pistes
              progressistes</font></font></u></h2>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Palatino Linotype,
          serif">On comprend la volonté cachée du gouvernement : baisser
          la part des pensions, éviter un débat sur la répartition du
          fruit du travail, retirer du système de retraites les
          dispositifs de solidarité et faire la place à la
          capitalisation. Déjà ressortent les propositions pour des
          fonds de pension ou l’épargne-retraite.</font></p>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Palatino Linotype,
          serif">Le débat qui s’annonce sera rude, tellement le
          président veut faire de la France une « start-up nation ».
          Pourtant, à l’opposé de son projet de retraites, des
          possibilités d’amélioration progressiste existent. Trois
          pistes pourraient être ouvertes. D’abord, unifier par le haut
          les différents régimes en fixant un taux de remplacement
          minimum, allant en décroissant depuis le smic jusqu’à « x
          fois » le plafond de la Sécurité sociale. Ensuite, augmenter
          progressivement le taux de cotisation vieillesse pour suivre
          l’évolution démographique ; et mieux, élargir l’assiette des
          cotisations pour y inclure la fraction des profits qui n’est
          pas investie mais distribuée.</font></p>
      <p style="margin-bottom: 0cm"><font face="Palatino Linotype,
          serif">Enfin, pour avoir un bon système de retraite et,
          au-delà, une bonne protection sociale, l’emploi doit redevenir
          une priorité absolue, et cela d’autant plus qu’on ne peut plus
          miser sur la croissance économique, compte tenu de l’impératif
          écologique. On touche là l’imbrication des problèmes : une
          politique répondant aux besoins sociaux d’avenir est
          incompatible avec une politique en faveur de la finance.</font></p>
      <p><strong><font face="Palatino Linotype, serif"><font
              style="font-size: 10pt" size="2">Jean-Marie Harribey</font></font></strong><font
          face="Palatino Linotype, serif"><font style="font-size: 10pt"
            size="2"> et </font></font><strong><font face="Palatino
            Linotype, serif"><font style="font-size: 10pt" size="2">Christiane
              Marty</font></font></strong><font face="Palatino Linotype,
          serif"><font style="font-size: 10pt" size="2"> sont les
            coauteurs de « Retraites, l’alternative cachée » (Syllepse,
            2013).</font></font></p>
    </div>
    <p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"><br>
    </p>
  </body>
</html>

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